J’ai l’impression de visionner un film en noir et blanc (ou plutôt en brun et gris) tellement c’est sale partout. Les rues sont sales, les magasins sont sales, les gens sont aussi brun et gris que le ciel et la terre. Il y a des déchets partout. Nanyang, le dépotoir. Dans la rue, les vélos, les taxis, les voitures, les chariots, les motocyclettes, les gens, tous se côtoient, se déplacent en s’entrecroisant, sans jamais suivre une ligne droite, sans jamais conduire à l’intérieur des voies leurs étant réservées. Je regarde par la fenêtre en silence, puis Henning regarde lui aussi sans rien dire, admirant cette danse maladroite où, malgré les pas compliqués d’une choréographie qui semble plutôt improvisée, les danseurs valsent et valsent, sans (miraculeusement) jamais se heurter les uns aux autres. C’est le chaos total, pourtant c’est harmonieux.
On dirait que la rue que nous longeons n’a pas de fin. C’est Changjiang Road, la rue où se trouve l’entrée du campus principal de notre université. Je m’attends quelque peu à voir le « paysage » changer, j’attends de découvrir le centre-ville, mais il n’y a que des petits magasins, des petits cubes partout. Puis soudain, la cordée de magasins est interrompue par une large porte gardée d’hommes en uniforme, ce qui nous indique l’entrée du campus. Le véhicule fait un virage abrupte pour y pénétrer, manquant de renverser une vielle dame sur son vélo (où est également assis ce qui est sans doute son petit-fils).
Cette première impression de Nanyang est brève. Le soleil ayant déjà commencé à se coucher, notre vue du campus est presque nulle. La pénombre surplombe les environs, et je me dis que nous en apprendrons plus sur Nanyang et notre campus un autre jour.
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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