Il fait « beau » lorsqu’on se lève. Un assez beau ciel bleu, quoique toujours terni par le smog. C’est beaucoup moins pire qu’à Beijing. J’ai un peu mal au dos. Je ne sais pas si c’est dû aux longues heures passées dans l’avion ou plutôt à la dureté de la planche de bois sur laquelle j’ai dormi.
Ellen est dans la salle de bain. Elle se racle la gorge avec beaucoup d’ardeur et de détermination, sans aucun doute pour en extraire les multiples couches de crasse accumulée lors des nombreuses heures exposées à la pollution le jour précédent (et peut-être ceux du reste de sa vie). Nous allons déjeuner.
Deux œufs tournés, aussi bon que ceux de chez nous, avec du choux bouilli à la sauce extrêmement épicée. Merci pour les œufs, non merci pour le choux. Mon estomac ne peut le supporter même si je m’obstine à essayer. Je prends une gorgée du lait en poudre mélangé à de l’eau bouillante qui nous a été servi dans un verre impossible à tenir dans les mains tellement il est chaud. Bof, je vais me contenter des œufs et du jaune coulant et délicieux.
Nous nous rendons enfin à l’aéroport. Mon espoir est empreint de doutes, et je suis toujours habitée de ce sentiment d’inéluctable déception face à mon instinct qui continue à sonner l’alarme. Il me dit presque sournoisement maintenant, « N’hausse pas tes attentes, tu vas voir, le manège continue de tourner, tourner, tourner… ».
Nous arrivons devant la sortie où se trouvent les carrousels à bagages. L’écran annonçant les arrivées indique qu’un vol venant de Beijing aurait dû atterrir à 8h50 ce matin, il y a dix minutes de cela.
Nous nous informons auprès des nouveaux gardes devant la sortie, qui avant de nous répondre prennent le temps de nous zyeuter Henning et moi, animaux de cirque que nous sommes, surtout Henning la grande girafe. Ils disent que seul deux personnes peuvent entrer dans l’aire des carrousels. On me laisse derrière. J’attends. J’attends toujours, encore, j’attends, j’attends. Je trépigne, j’en ai marre d’attendre. Je ne suis pas zen, je n’arrive pas à canaliser mes énergies puis de les transformer en ondes positives et calmes. Je pourrais électrocuter d’une décharge fatale de rage quiconque qui oserait trop s’approcher de moi.
Finalement, Ellen et mon amour de girafe réapparaissent les mains vides, le visage renfrogné pour Henning. Merdouille.
- Not there, no luggage. me dit Ellen d’un air résigné.
Que faire maintenant? Elle hausse les épaules. Mais qu’est-ce qu’ils vous ont dit??? Que les bagages viendront plus tard. Plus tard quand? Avec le vol de 13h30. Il est présentement 9h30. Mais il y a un vol venant de Beijing qui atterrit à 11h30, pourquoi pas celui là? Hummmmm.
Je veux qu’Ellen rappelle le numéro de téléphone qu’on lui avait laissé pour poser des questions sur nos bagages. Je veux qu’elle les fasse jurer que les bagages arriveront bel et bien à 13h30. Je ne crois pas être capable de supporter une autre déception, plus l’angoisse à l’idée que nos bagages ont peut-être été volés entre temps…
Elle appelle, je vois qu’elle n’aime pas me voir aussi désemparée. Elle leur pose les mêmes questions, il semble être impossible d’obtenir une réponse définitive. Je vois clairement qu’Ellen n’est pas enchantée elle non plus à l’idée d’attendre quatre heures avant d’avoir les bagages.
Elle nous regarde et se met à rire.
- Il faut aller voir le chauffeur. Il est déjà de très mauvaise humeur. Il faudra le convaincre de rester. Ne dites rien, je vais lui parler, mais venez au stationnement avec moi.
Le chauffeur, qui piquait un somme sur son siège d'auto, semble résigné. Fiou!
Nous allons nous rasseoir dans l’aéroport. Il n’y a aucun magasins, aucun « Café » pour relaxer. Juste un simili PFK (Poulet Frit Kentucky) à la chinoise.
Encore quatre heures. Ah non, trois heures et cinquante-cinq minutes, quarante-deux secondes, quarante-et-une, quarante…
Ellen est dans la salle de bain. Elle se racle la gorge avec beaucoup d’ardeur et de détermination, sans aucun doute pour en extraire les multiples couches de crasse accumulée lors des nombreuses heures exposées à la pollution le jour précédent (et peut-être ceux du reste de sa vie). Nous allons déjeuner.
Deux œufs tournés, aussi bon que ceux de chez nous, avec du choux bouilli à la sauce extrêmement épicée. Merci pour les œufs, non merci pour le choux. Mon estomac ne peut le supporter même si je m’obstine à essayer. Je prends une gorgée du lait en poudre mélangé à de l’eau bouillante qui nous a été servi dans un verre impossible à tenir dans les mains tellement il est chaud. Bof, je vais me contenter des œufs et du jaune coulant et délicieux.
Nous nous rendons enfin à l’aéroport. Mon espoir est empreint de doutes, et je suis toujours habitée de ce sentiment d’inéluctable déception face à mon instinct qui continue à sonner l’alarme. Il me dit presque sournoisement maintenant, « N’hausse pas tes attentes, tu vas voir, le manège continue de tourner, tourner, tourner… ».
Nous arrivons devant la sortie où se trouvent les carrousels à bagages. L’écran annonçant les arrivées indique qu’un vol venant de Beijing aurait dû atterrir à 8h50 ce matin, il y a dix minutes de cela.
Nous nous informons auprès des nouveaux gardes devant la sortie, qui avant de nous répondre prennent le temps de nous zyeuter Henning et moi, animaux de cirque que nous sommes, surtout Henning la grande girafe. Ils disent que seul deux personnes peuvent entrer dans l’aire des carrousels. On me laisse derrière. J’attends. J’attends toujours, encore, j’attends, j’attends. Je trépigne, j’en ai marre d’attendre. Je ne suis pas zen, je n’arrive pas à canaliser mes énergies puis de les transformer en ondes positives et calmes. Je pourrais électrocuter d’une décharge fatale de rage quiconque qui oserait trop s’approcher de moi.
Finalement, Ellen et mon amour de girafe réapparaissent les mains vides, le visage renfrogné pour Henning. Merdouille.
- Not there, no luggage. me dit Ellen d’un air résigné.
Que faire maintenant? Elle hausse les épaules. Mais qu’est-ce qu’ils vous ont dit??? Que les bagages viendront plus tard. Plus tard quand? Avec le vol de 13h30. Il est présentement 9h30. Mais il y a un vol venant de Beijing qui atterrit à 11h30, pourquoi pas celui là? Hummmmm.
Je veux qu’Ellen rappelle le numéro de téléphone qu’on lui avait laissé pour poser des questions sur nos bagages. Je veux qu’elle les fasse jurer que les bagages arriveront bel et bien à 13h30. Je ne crois pas être capable de supporter une autre déception, plus l’angoisse à l’idée que nos bagages ont peut-être été volés entre temps…
Elle appelle, je vois qu’elle n’aime pas me voir aussi désemparée. Elle leur pose les mêmes questions, il semble être impossible d’obtenir une réponse définitive. Je vois clairement qu’Ellen n’est pas enchantée elle non plus à l’idée d’attendre quatre heures avant d’avoir les bagages.
Elle nous regarde et se met à rire.
- Il faut aller voir le chauffeur. Il est déjà de très mauvaise humeur. Il faudra le convaincre de rester. Ne dites rien, je vais lui parler, mais venez au stationnement avec moi.
Le chauffeur, qui piquait un somme sur son siège d'auto, semble résigné. Fiou!
Nous allons nous rasseoir dans l’aéroport. Il n’y a aucun magasins, aucun « Café » pour relaxer. Juste un simili PFK (Poulet Frit Kentucky) à la chinoise.
Encore quatre heures. Ah non, trois heures et cinquante-cinq minutes, quarante-deux secondes, quarante-et-une, quarante…
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire