mardi 29 juillet 2008

Chapitre (indéterminé) - Vive la "spontanéité"

Voilà cinq mois jour-pour-jour que je suis arrivée à Nányáng, et je ne cesse de m’étonner devant la façon de faire des chinois quand vient le temps d’organiser des événements ou de gérer avec des situations de dernière minute. J’ai bien dit « m’étonner », et non pas « m’émerveiller ». Cette distinction est importante, car « m’étonner » est une façon polie de dire que je suis profondément irritée par ce que m’est arrivée en soirée aujourd’hui.

J’ai terminé les cours depuis presque une semaine déjà, mais j’ai été bien occupée par la correction de devoirs et la compilation des notes de tous mes étudiants. De plus, j’ai décidé d’assister aux 18 heures de cours de chinois cette semaine et de faire mes propres devoirs du mieux que je pouvais.

Ainsi, nous somme jeudi et je ne peux cacher que j’ai hâte à demain pour que la semaine soit terminée, ce qui mettra un terme officiel à ma session (car je rencontrerai ma patronne en après-midi demain pour lui rendre mes notes) ainsi qu’aux cours de chinois. En d’autres mots, dès samedi, je serai entièrement LIBRE, sans aucunes obligations ou responsabilités. Qui sait, à part faire le grand ménage de l’appartement, de faire nos valises et déménager dans l’appartement de John, j’irai peut-être me faire masser à tous les jours??!! Ooooooh oui!!!!

Je me rends donc à la bâtisse où se donnent les cours de chinois pour assister au cours de l’après-midi. Il arrive souvent que mes compagnons de classe arrivent avec 10 et parfois 15 minutes de retards, mais aujourd’hui, après 25 minutes, je me pose de sérieuses questions car ni les étudiants, ni la professeure ne se sont présentés à la salle de classe.

Je vais donc dans le bureau du IEC (International Education College) qui se trouve à deux portes de notre salle de classe, et Ellen, qui travaille désormais pour ce département, se charge de téléphoner ma prof pour lui demander ce qui en est du cours de l’après-midi.

Je ne pouvais le faire moi-même car j’ai laissé mon téléphone portable chez moi pour charger la batterie. Ellen me dit qu’à la requête des étudiants coréens, le cours a été repoussé à 17h jusqu’à 19h. Je lui dis de dire à la prof que je ne serai pas présente car j’ai d’autres plans (Henning et moi avons décidé de cuisiner ensemble ce soir et de nous faire un bon souper).

Avant de rentrer chez moi sous le soleil tapante et l’humidité écrasante (charmante température qui dure depuis déjà une semaine), je fais un détour au bureau des affaires étrangères pour voir Joyce, qui doit me rendre un DVD que je lui ai prêté. Joyce m’attend car Ellen l’a déjà avertie.

Elle me rend le DVD, toute souriante, et j’en profite pour la questionner à savoir si nous recevrons bel et bien notre salaire avant de quitter Nanyang. Je vois qu’elle a déjà fait les démarches, sauf qu’il lui manque la signature du vice-président. C’est fou, il faut cinq signatures à chaque mois pour obtenir la permission de donner le salaire aux profs étrangers…

Au moins, tout semble être en ordre. Je rentre à l’appartement, m’installe devant l’ordinateur pour terminer la compilation des notes et mettre au propre les feuilles de présence pour Miss Zhang que je rencontrerai à 14h demain.

À 17h25, mon cellulaire sonne. C’est Ellen. Elle commence à me déblatérer un truc sur le fait que c’est le 20e anniversaire du NIT cette année et que « ils » vont prendre des photos des profs étrangers mais qu’il faut des profs « good-looking » pour la séance de photos et que Henning et moi sommes les seuls profs qui resteront au NIT pour enseigner la session prochaine, donc c’est nous qui devrions poser dans les photos et bla-bla-bla.

Déjà, je ne comprends pas la moitié de ce qu’elle me dit. Je sais très bien que lorsqu’Ellen m’appelle avec un truc « officiel » comme cela, c’est qu’un de ces patrons lui a donné un ordre et qu’elle doit faire passer ça pour une faveur qu’on doit personnellement lui rendre (et qu’on ne peut lui refuser sachant qu’elle passera autrement un mauvais quart d’heure auprès de ses supérieurs). Ça ne me plaît déjà pas. D’après les propos décousus qu’elle tiens, je ne comprends pas vraiment de quoi il s’agit, quand cela aura lieu, à quelle heure et où. Une fois que je le lui demande, elle me répond « When are you free? ». Cela veut dire que je vais donner mes disponibilités, elle va me répondre par d’étranges expressions d’assentiment avant de suggérer un rendez-vous contraire à ma réponse comme si c’est ce que j’avais suggéré au départ…

Je réponds par la question « Quand as-tu besoin de nous? ». Elle me demande « Êtes-vous libres en ce moment? ». « Non. Mais demain oui, entre 10h30 et midi. » Silence à l’autre bout de la ligne. Je tente d’éclaircir la situation, « Ellen, de quoi s’agit-il exactement? ». C’est en vain. Elle me lance, « Okay je te rappelle bye. » Puis elle raccroche.

Ensuite, elle me rappelle en disant que ce n’est pas possible pour demain, qu’ils ont besoin de nous ce soir avant 19h.

- Quoi??? Il est 17h40 et je n’ai pas soupé!

- T’en fais pas, ça dure environ 30 minutes.

- Qu’est-ce qui dure 30 minutes??

- En fait, peut-être 40. Maximum 40? 45.

- C’est quoi cette histoire?

- D’accord, alors tu t’habilles bien et puis sois prête avant 18h. À tout de suite! Oh, on n’a pas besoin de Henning, en fait il ne faut qu’un prof et ce sera toi. Bye.


??????????????????????????????

Je suis tellement en rogne! Henning me demande ce qui se passe. J’ai de la peine à lui expliquer car je n’en sais rien moi-même! J’ai moins de vingt minutes pour me préparer à un événement dont je ne connais pas la nature, ni l’endroit où cela prendra place… J’aurais dû être beaucoup plus ferme et dire non, un point c’est tout, mais il est déjà trop tard, je n’ai pas réagi assez vite. Je me fais avoir à chaque fois! Normalement, s’il s’agit d’aider Ellen, je ne me pose pas trop de questions sachant qu’elle a été une bonne alliée jusqu’à ce jour, mais depuis qu’elle a changé de poste, elle est devenue plus distante et je commence à me méfier de la sincérité de ses paroles et de ses gestes du passé.

J’enfile les seuls morceaux de vêtements d’été moindrement propres que je peux porter et qui ne sont pas dans le panier à linge sale. Je tente de me maquiller un peu et de cacher le fait que je ne peux m’empêcher de suer comme un cochon. Il fait TELLEMENT chaud et humide, c’est inhumain!

Je descends les 4 étages en trombe en me disant que je vais avoir ces cercles de sueur sous les aisselles…

Ellen m’attend déjà en face de notre immeuble. Elle parle sur son cellulaire et semble profondément engagée dans une conversation complexe et exaspérante. Elle me fait à peine signe de la tête en me voyant. Elle est appuyée contre sa minuscule bicyclette. Je ne sais pas comment on va se rendre peu importe où nous allons.

Elle ne semble pas à veille de prendre une pause de sa conversation. Un petit kart électrique vert lime qui transporte les étudiants d’un bout à l’autre du campus passe à côté de nous et s’arrête. Ellen me fait signe d’embarquer. Sans plus d’explication, toujours au téléphone, elle fait signe à la chauffeuse de s’en aller peu importe où c’est que nous allons. J’ai envie de descendre, retourner à l’appart en envoyant promener Ellen. Je ne peux pas croire qu’elle m’a abandonné là sans rien dire, ni même me regarder!!

Mais je reste gentiment assise sans rien dire. Peut-être une part de moi est-elle trop curieuse de connaître la suite des événements pour que je me borne à rentrer chez moi. Nous nous déplaçons tranquillement en direction du nouveau campus. Soudain, le véhicule emprunte la route menant au stade et puis s’arrête devant ce dernier. Plusieurs étudiants attendent patiemment devant le stade, accompagnés d’une dame qui parle bien anglais et que j’ai déjà vu dans le département de l’IEC.

- Hello Madeleine, we are ready now.

- Ready for what?

- The class of course! The students will come with you and you will teach them.

- Excuse me?

- Yes, teach them a lesson.

- What lesson?

- They didn’t tell you?

- Tell me what?

- About the video!

- A video???? I thought this was a simple photo shoot of students with a teacher for the school brochure or something.

- Oh no no no, it’s a video with a foreign teacher who is teaching students in a classroom.

Tabar…

- Why didn’t anyone tell me about this???

- They didn’t tell you?

- No!


Moi qui n’aime déjà pas me faire prendre en photo, une vidéo!!???

Ce n’est évidemment pas grave à ses yeux, et elle me dit de me servir d’une leçon que j’ai déjà enseignée auparavant. Mais voyons, est-ce qu’elle pense que je peux pondre ça comme une poule et des œufs?? Une leçon par-ci, une leçon par là, et plop plop plop!

Elle m’entraîne par le bras et me fait asseoir dans le petit kart vert et ce aux côtés de deux étudiantes qui pouffent de rire sous l’effet de la nervosité causée par le fait qu’elles se retrouvent cuisses contre cuisses avec moi.

Le véhicule se promène silencieusement et plutôt aléatoirement, s’arrêtant parfois mais seulement quelques secondes avant de repartir plus loin, sous la commande d’un homme assis à bord. Finalement, on nous fait descendre l’autre côté du pont qui se trouve juste en face de mon appartement. Je m’aperçois qu’un Jeep nous suivait tout ce temps et qu’il s’est arrêté derrière nous et que le caméraman est en train de préparer son équipement. Il a l’air un peu spécial. La cigarette au bec, un chapeau de cowboy avec la silhouette d’un loup embossé sur le devant. Il parle d’une voix de papier sablé et ne cesse de rigoler comme s’il était en état d’ébriété.

La dame semble surprise d’apprendre que la vidéo sera filmée dehors, et que je serai assise parterre sur le gazon bouetteux avec les étudiants assis en cercle autour de moi.

Avant de commencer le « tournage », je demande à la dame si les étudiants sont du département des langues étrangères. Et non, pas l’un d’entre eux n’étudient l’anglais! Ah bon… Alors je fais quoi?? Je leur enseigne des mots de vocabulaire, je fais de la grammaire?? Je n’ai aucun matériel avec moi! Elle me dit que dans le fond, on s’en fiche, je peux bien leur parler en anglais et eux me répondront en chinois, ce n’est pas grave du tout car la vidéo sera muette. Ah bon…

Nous nous asseyons donc, et je commence par me présenter pour mettre les étudiants à l’aise. Ils ont l’air morts de peur et ne savent que dire lorsque je finis ma petite introduction. Alors que je tente de détendre l’atmosphère, le directeur me coupe la parole et ordonne aux étudiants de me parler et de rire. What the…??!!?!?/%% Finalement, je décide tout simplement de leur parler en chinois. Je leur demande de me parler d’eux-mêmes et de leur famille et je réponds à leurs questions. Ils sont sous le choc de me voir parler en mandarin et éclatent de rire tout en jubilant de voir une étrangère les adresser dans leur propre langue.

Le caméraman s’installe à différents endroits autour du cercle humain que nous formons, et il prend des prises de divers angles. Environ 20 minutes plus tard, tout ce cirque prend fin. On me dit simplement « Okay tu peux t’en aller maintenant ». Pas d’explication sur ce qui vient de se produire, rien.

Je prends tout de même le temps de souhaiter bonne chance aux étudiants pour leurs examens finaux, et je sacre mon camp. Avant de partir, le directeur de la vidéo me tend la main et me dit tout fier de lui « 谢谢美女 ». Je n’en reviens pas, il me traite d’américaine en plus! Mais quelque minutes après avoir quitté les lieux, je me rends compte qu’il a dit « mei nu » et non pas « meiguo nu ». Mei nu veut dire jolie femme, meiguo nu veut dire femme américaine. Ce que j’ai pris pour une insulte était en fait un compliment. Je me suis peut-être un peu trop énervée le pompon.

Décidemment, ce fut toute une semaine! D’abord on a immortalisé ma voix, puis ensuite mon image sur une vidéo dont je ne connaîtrai jamais l’usage!

(En fait, avant de quitter la Chine pour de bon en décembre, je découvrirai que cette publicité sera diffusée sur un écran géant lors de la grosse cérémonie célébrant les 20 ans de l’université devant toute la population étudiante, pas moins de 10 000 d’entre eux, devant le président de l’université, les vice-présidents, les invités d’honneur étrangers, et un bon nombre d’habitants curieux venus s’entasser le long des murs du stade de l’école…)

Ils sont fous ces chinois.

© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.

Chapitre (indéterminé) - 119

Alors que Henning et moi étions allez voir Joyce pour lui demander des reçus de paye pour éventuellement convertir nos yuan en dollars ou en euro, Andy m’a approché en me demandant si je pouvais lui faire une faveur. Il m’a expliqué que pendant les Olympiques à Beijing en 2008, le gouvernement chinois mettra en place une « hotline » (qui est en fait une ligne d’urgence, le 119, semblable à notre propre 911) qui sera accessible 24 heures sur 24, et ce dans diverses langues étrangères telles l’anglais, l’allemand, le japonais, le coréen, le russe et le français. Cette ligne sera accessible dans toutes les villes de Chine. Par contre, pour les villes qui ne sont pas de grosses métropoles telles que Beijing et Shanghai, donc pour des villes comme Nanyang, le service ne sera offert qu’en anglais.

Pour la ville de Nanyang spécifiquement, je ne sais pas pourquoi, mais c’est Andy, un employé du bureau des affaires étrangères du NIT, qui a été chargé de trouver la personne qui enregistrera sa voix pour cette ligne d’urgence anglaise. Il a « décidé » que je serais l’heureuse élue. En fait, au départ, il avait demandé à Peter, mais par après il s’est fait « flushé » en se faisant dire qu’il serait mieux que ce soit une voix de femme.

Il aurait pu demander à Dorothy (la femme de Peter, qui est anglophone à la base, mais je dois avoir une voix seeeexy car c’est à moi qu’il a demandé! Ha! hummmm). J’ai accepté. Mais voyons, comment dire non à une telle opportunité d’immortaliser ma voix sur la ligne d’urgence de la ville de Nanyang! hihi

Aujourd’hui, Andy est donc venu me chercher devant notre immeuble à 15h45. Nous avions rendez-vous à 16h, et c’est bien la première fois qu’un chinois se présente AVANT l’heure dite. Les chinois ne sont pas particulièrement ponctuels. Andy semble faire exception.

Il était aux côtés de son « e-bike » et attendait patiemment que je sorte de l’immeuble. Si je ne l’avais aperçu par la fenêtre de la cuisine alors que j’allais me chercher un verre d’eau, il aurait attendu un autre quinze minutes. Je ne sais pas pourquoi il ne m’a pas appelé! Peu importe…

Il a voulu que j’embarque avec lui sur son vélo pour qu’on se rende sur le nouveau campus, qui est à peine à 8 minutes de marche de mon appartement. Je me suis dit que ce serait chouette de savoir comment on se sent assis à l’arrière d’un tel bolide. J’en vois tellement à tous les jours, que ce soit sur le campus ou dans les rues en me rendant au travail, il y a de quoi être curieux! Ces machins ont tous une allure très frêle, endossant une carcasse de plastique chambranlante. De plus, leurs freins cillent d’un cri si strident qu’ils font presque le même effet sur les tympans que celui de la voix de la Castafiore sur les miroirs et le verre dans les BD de Tintin. La moindre bosse ou craque dans le ciment dans la rue suffit pour tout l’appareil se mette à vibrer et sursauter violemment, donnant l’impression qu’il tombera sitôt en morceaux.

Je demande donc à Andy s’il croit vraiment que son vélo supportera son poids en plus du mien (il n’est pas mince comme cure-dent, contrairement à la plupart des hommes que je vois tous les jours). Il rit et me dit de ne pas m’en faire. Une fois assise en arrière et les deux mains posées sur ses épaules (je me le permet car je n’ai vraiment pas envie de me retrouver la face contre terre), je me rends compte que le vélo est plus robuste que je n’en avais l’impression. Il appuie sur une manivelle et puis nous sommes déjà partis, et j’ai le vent dans les cheveux. La sensation est agréable. Ce n’est pas assez vite pour que ce soit épeurant, mais c’est quand même pas mal plus vite que lorsqu’on pédale normalement. Je me rends compte à mi-chemin qu’il y a des appui-pieds en arrière (voilà pourquoi les étudiants dans la rue me regardait si étrangement, c’était mes pattes raides levées en l’air qui leur faisait tourner la tête et pouffer de rire!).

Nous arrivons rapidement au bâtiment où se trouve l’ordinateur doté d’un programme d’enregistrement de la voix. Andy me présente une liasse de papier et me dit que je dois lire les différentes phrases dans le microphone. Je jette un coup d’œil aux papiers et m’aperçois qu’il y a un long texte qui veut expliquer aux touristes comment fonctionne le système du 119 en plus de vanter l’efficacité et la droiture des policiers de Nanyang. Le document est rempli d’erreurs et d’incohérences. Je me charge de corriger ce que moi-même je parviens à comprendre, puis je commence l’enregistrement.

Je dois d’abord lire 105 différentes phrases telles que « calmez-vous, un policier sera sur place dans un instant ». Certaines phrases se veulent une formule pour quiconque veut téléphoner le service pour signaler un crime ou alerter les policiers d’une infraction, et certains d’entre elles sont particulièrement amusantes. Par exemple, « someone go whoring. », ce que j’interprète comme voulant dire « quelqu’un est avec une prostituée ». Il y a également « that’s illegal in China », ou « a guy is flattering me with insistence » (sexual harrassment??). « A man raped my daughter ». « My house is on fire », « a man is holding up the bank » (bank robbery??), « If the policeman is not doing his job you can complaining ». Qu’est-ce qu’un “exchequers”??? Ce mot revient tellement souvent dans le texte, pourtant, je n’ai pas la moindre idée de ce dont il s’agit. Apparemment, c’est un mot qui signifie coffre-fort…

L’enregistrement dure environ une heure (incluant le temps passé à corriger le texte et les diverses formules bizarres). Je retire enfin les écouteurs et le micro, me sentant un peu ridicule en songeant que ma voix sera acheminée aux oreilles de personnes en panique et en besoin d’assistance immédiate. Ensuite, je me rends compte que moins de 15 personnes d’origine étrangère par année mettent les pieds à Nanyang, et que sur une population d’au-delà de 1,5 million d’habitants, les probabilités que ces personnes étrangères soient seules, en détresse et en besoin d’appeler le 119 sont excessivement minces.

Ainsi, sur le chemin du retour, je ne me tiens plus après Andy. J’ai confiance et apprécie le petit trajet rapide et silencieux que nous effectuons sur le e-bike jusqu’à l’appartement. J’ai bien hâte de voir la réaction de Henning lorsqu’il entendra la nature de cette faveur cocasse!

© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.

© Madeleine Beaudet, 2007-2009. Tous droits réservés.