Et bien voilà! Nous sommes de retour à Nányáng! Il est minuit et demi, et par chance, l’autobus passait à côté de l’université en se rendant à la station centrale, et nous avons pu descendre devant l’entrée du campus, sans avoir à prendre un taxi du terminus jusqu’à chez nous. C’est bien!
Je suis contente que nous nous soyons rendus sains et saufs, c’était toute une « ride »!! Un vrai cowboy le chauffeur. Je dois mettre l’emphase sur la chance que nous avons eu d’être assis dans la première rangée derrière le chauffeur, car je n’ai pas souffert du mal des transports comme j'en ai l'habitude. Je me suis malgré tout sentie comme un grain de maïs soufflé qui explose dans un micro-onde pendant toute la deuxième moitié du trajet, c’est-à-dire à partir du moment où l’autobus a quitté l’autoroute pour emprunter les routes mal entretenues des villages que nous devions traverser pour nous rendre à Nányáng.
Henning et moi n’arrêtions pas d’éclater de rire à chaque fois que le bus sautait dans les airs (littéralement, en raison d'une suspension pratiquement non-existante) à cause des trous et des bosses, donc à peu près aux trois à cinq secondes. Henning s’est exclamé à un moment qu’il se sentait comme s’il était de retour à Montréal! Il faut dire que, roulant à quatre-vingts quinze kilomètres à l’heure sur des routes où les panneaux recommandent une vitesse de quarante, il n’est pas trop surprenant que la suspension n'ait pas survécue. Pop-corn humain…
J’ai également beaucoup rit en constatant que le chauffeur appuyait brusquement sur les freins pour éviter un chat ou un chien sur les routes de campagne, alors qu’en ville il ne ralentissait même pas devant les piétons aux intersections.
Je dois conclure que ce fameux chauffeur était un conducteur digne de son patelin, avec un talent particulier pour le multi-tasking. Dans les routes de campagnes, ayant trouvé sa vitesse de croisière, outre le fait de conduire (tâche secondaire pourrait-on croire en voyant comment il ignorait les nids de poules et des dénivellations), il parlait sur son téléphone cellulaire, regardait le film destiné aux passagers, fumait des cigarettes sans interruption, et buvait son thé.
De retour dans notre appartement, je me souviens trop bien d’avoir transporté une passagère clandestine avec nous…
En effet, à l’auberge de jeunesse, alors que j’étais dans la salle de bain en train de me changer, en ouvrant mon sac j’ai, pendant à peine une fraction de seconde, aperçu une créature se faufiler dans mes trucs. À la vitesse de son déplacement, et à sa taille, j’ai aussitôt reconnu qu’il s’agissait d’une coquerelle. J’ai tenté de la faire sortir, mais j’étais trop « moumoune » pour vraiment mettre ma main dans le fond du sac pour l’éjecter.
Je hais les coquerelles. Pardon, je me corrige. Je HAIIIIIIIIS les coquerelles. Plus que les araignées. Alors, j’ai fait comme si je n’avais rien vu, d’ailleurs il n’y avait presque pas de lumière dans la cabine de toilette, et je me suis convaincu que je n’avais pas vraiment vu ce que j’avais vraiment vu. Hummm.
Tout compte fait, je me suis si bien dupée qu’en posant les pieds dans notre salon et en ouvrant mon sac, commençant tranquillement à en vider le contenu, j’ai déjà oublié qu’une intruse s’y cache et n’attendra sans doute pas longtemps avant de s’extirper de sa prison de fibres synthétiques pour partir à la conquête de notre appartement et y pondre ses œufs. JE HAIS LES COQUERELLES!!
J’ai à peine le temps de faire un tour à la cuisine et de revenir au salon qu’elle est là, petite tâche sombre contrastant avec la pâleur de notre plancher qui n'est que faiblement illuminé par la lampe de table à côté du sofa. Je hurle aussitôt à Henning de venir à ma rescousse, pendant que je pars à la recherche d’une arme. Je ne veux pas détourner mes yeux de ma proie, mais c’est nécessaire et bien évidemment suffisant pour que la maudite disparaisse. Malgré tout, je me dépêche à aller trouver un objet adéquat pour performer sa mise-à-mort.
Henning est déjà dans le salon et est perplexe en me voyant revenir l’air triomphant (ou dément??) en brandissant une « gougoune ».
Je suis contente que nous nous soyons rendus sains et saufs, c’était toute une « ride »!! Un vrai cowboy le chauffeur. Je dois mettre l’emphase sur la chance que nous avons eu d’être assis dans la première rangée derrière le chauffeur, car je n’ai pas souffert du mal des transports comme j'en ai l'habitude. Je me suis malgré tout sentie comme un grain de maïs soufflé qui explose dans un micro-onde pendant toute la deuxième moitié du trajet, c’est-à-dire à partir du moment où l’autobus a quitté l’autoroute pour emprunter les routes mal entretenues des villages que nous devions traverser pour nous rendre à Nányáng.
Henning et moi n’arrêtions pas d’éclater de rire à chaque fois que le bus sautait dans les airs (littéralement, en raison d'une suspension pratiquement non-existante) à cause des trous et des bosses, donc à peu près aux trois à cinq secondes. Henning s’est exclamé à un moment qu’il se sentait comme s’il était de retour à Montréal! Il faut dire que, roulant à quatre-vingts quinze kilomètres à l’heure sur des routes où les panneaux recommandent une vitesse de quarante, il n’est pas trop surprenant que la suspension n'ait pas survécue. Pop-corn humain…
J’ai également beaucoup rit en constatant que le chauffeur appuyait brusquement sur les freins pour éviter un chat ou un chien sur les routes de campagne, alors qu’en ville il ne ralentissait même pas devant les piétons aux intersections.
Je dois conclure que ce fameux chauffeur était un conducteur digne de son patelin, avec un talent particulier pour le multi-tasking. Dans les routes de campagnes, ayant trouvé sa vitesse de croisière, outre le fait de conduire (tâche secondaire pourrait-on croire en voyant comment il ignorait les nids de poules et des dénivellations), il parlait sur son téléphone cellulaire, regardait le film destiné aux passagers, fumait des cigarettes sans interruption, et buvait son thé.
De retour dans notre appartement, je me souviens trop bien d’avoir transporté une passagère clandestine avec nous…
En effet, à l’auberge de jeunesse, alors que j’étais dans la salle de bain en train de me changer, en ouvrant mon sac j’ai, pendant à peine une fraction de seconde, aperçu une créature se faufiler dans mes trucs. À la vitesse de son déplacement, et à sa taille, j’ai aussitôt reconnu qu’il s’agissait d’une coquerelle. J’ai tenté de la faire sortir, mais j’étais trop « moumoune » pour vraiment mettre ma main dans le fond du sac pour l’éjecter.
Je hais les coquerelles. Pardon, je me corrige. Je HAIIIIIIIIS les coquerelles. Plus que les araignées. Alors, j’ai fait comme si je n’avais rien vu, d’ailleurs il n’y avait presque pas de lumière dans la cabine de toilette, et je me suis convaincu que je n’avais pas vraiment vu ce que j’avais vraiment vu. Hummm.
Tout compte fait, je me suis si bien dupée qu’en posant les pieds dans notre salon et en ouvrant mon sac, commençant tranquillement à en vider le contenu, j’ai déjà oublié qu’une intruse s’y cache et n’attendra sans doute pas longtemps avant de s’extirper de sa prison de fibres synthétiques pour partir à la conquête de notre appartement et y pondre ses œufs. JE HAIS LES COQUERELLES!!
J’ai à peine le temps de faire un tour à la cuisine et de revenir au salon qu’elle est là, petite tâche sombre contrastant avec la pâleur de notre plancher qui n'est que faiblement illuminé par la lampe de table à côté du sofa. Je hurle aussitôt à Henning de venir à ma rescousse, pendant que je pars à la recherche d’une arme. Je ne veux pas détourner mes yeux de ma proie, mais c’est nécessaire et bien évidemment suffisant pour que la maudite disparaisse. Malgré tout, je me dépêche à aller trouver un objet adéquat pour performer sa mise-à-mort.
Henning est déjà dans le salon et est perplexe en me voyant revenir l’air triomphant (ou dément??) en brandissant une « gougoune ».
- Que fais-tu choucroute?
- Où est-elle??!?!?!? OÙ EST-ELLE!!!!!!!!
- De quoi parles-tu?!
- Oh noooooooooooooooooon, je ne la vois plus! Lève le sofa, vite! VITE!
- Quoi, il y a une araignée?
- NOOOOOON, UNE COQUERELLE DE L’AUBERGE DE JEUNESSE!
- ???
Il s’exécute avec un haussement d’épaule, plus soucieux de me faire taire que de vouloir tuer la coquerelle. Je cherche frénétiquement tous les recoins de la pièce, désespérée en constatant qu’elle n’est nulle part.
Je finis par soulever mon sac-à-dos, dernier endroit non-inspecté, et la voilà, la maudite, soudain immobile, sur le qui-vive, prête à déguerpir. Sans hésiter plus longtemps, j’abats ma gougoune sur le monstre une fois, puis deux, puis trois, puis quatre, et puis il ne reste que de la purée de coquerelle sur le plancher.
Je me redresse, haletante, et reviens à moi-même en voyant Henning, qui me regarde comme s’il se tenait devant un animal dangereux au comportement tout aussi agressif qu’imprévisible.
- Ben quoi?! Elle allait pondre ses œufs chez nous et je ne connais pas d’exterminateur à Nányáng qui soit en mesure de nous débarrasser de ces bestioles sans nous exterminer nous aussi. T’sais, même décapitée une coquerelle peut survivre neuf jours, et s’il y avait une bombe nucléaire qui décimait la population mondiale dans son intégrité, les seules survivantes seraient ces bestioles diaboliques???
- …
Ce sur quoi il replace le sofa et quitte le salon.
- ???Quoi???
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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