Paraît-il que Wŭhàn est la ville du déjeuner par excellence, et que les poètes de la Chine impériale l’ont célébrée pour cette raison pendant plusieurs centaines d’années. C’est pourquoi ce matin, nous nous rendons dans l’allée Hùbù Xiàng, où s’entassent une ribambelle de minuscule kiosques dont les pourvoyeurs étalent leur marchandise consistant de mets locaux, certains datant de plus d’un siècle.
Nous choisissons de nous régaler de règànmiàn (qu’on peut directement traduire comme étant des nouilles sèches et chaudes). Ce sont des nouilles précuites, trempées quelques secondes dans de l’eau bouillante avant d’être égouttées puis recouvertes d’une louche de sauce aux arachides et une louche de bouillon, ainsi que des échalotes fraîches et un espèce de légume orange (pas des carottes, de la citrouille??). C’était vraiment goûteux, quoiqu’un peu lourd pour un déjeuner. Une fois n’est pas coutume, mais nos estomacs ne crieront pas famine d’ici un bon bout de temps. Pour ce qui est des autres plats offerts, nous nous contentons d’observer et de nous étonner plutôt que de se risquer à goûter (nous sommes rassasiés de toute façon!). Ce fut donc une expérience appétissante, sinon intriguante, pour le ventre et pour les yeux.
Après le déjeuner, nous tentons de prendre l’autobus pour nous rendre jusqu’au temple Guiyuan dans le district de Hànyáng, l’autre côté du pont à partir de Wŭchāng (le district où nous couchons). Le système des transports en commun est très vaste à Wŭhàn, et il est fort pratique considérant la quantité d’autobus qui desservent les trois districts. Cependant, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Peu de temps après avoir couru d’un côté à l’autre de la rue adjacente au fleuve, scrutant les divers arrêts où les noms sont inscrits en caractères que je n’arrive pas tous à déchiffrer, nous suons déjà à pleine goutte tellement la chaleur est intense (même à cette heure matinale!). Irrités par la chaleur, et puisque nous voulons maximiser notre temps, et enfin, après tout, nous sommes des touristes en vacances, nous finissons par opter pour un taxi. C'est drôle, on dirait qu'on se sent toujours coupable de monter à bord d'un taxi. Je ne suis pas sûre si c'est parce qu'on veut tenter de se débrouiller seuls et de se sentir comme si on était des habitants locaux, ou si c'est simplement à cause du prix exhorbitant qu'on a l'habitude de payer chez nous pour ce mode de transport (sauf qu'ici en Chine, même dans les grandes villes telles que Běijīng et Shànghăi, les taxis sont très peu coûteux).
Nous restons pris dans le trafic pendant plus de trente-cinq minutes, mais finissons par nous frayer un chemin sur le pont en zigzaguant témérairement entre les autobus, scooters et voitures. Les taxis sont assez casse-cou ici, mais ce n’est pas comparable aux tendances suicidaires de nos chauffeurs à Nányáng. Je contemple les piétons sur le trottoir qui semblent fondre sous la chaleur et l’humidité réputées de la ville. Je ricane malicieusement sur mon siège dans le taxi, où je sèche subtilement mes aisselles détrempées à l’air conditionné.
Au temple, nous nous forçons à être enthousiastes. Je dis que nous nous « forçons » à aborder une attitude positive dès le départ car nous sommes prédisposés à être critique face aux temples en Chine. Nos visites antérieures dans d’autres temples nous ont appris qu’ils se ressemblent tous, mais nous continuons à en visiter, dans l’espoir d’en voir un avec un petit « quelque chose » de différent, comme ce fut le cas à Luòyáng. Surtout que notre guide de voyage dit qu’on y trouve des bâtiments datant des dynasties Ming et Qing. Hélas! Ce temple est horrible et décevant. Les bâtiments ont tous été rénovés et ont perdu leur authenticité historique.
Tout d’abord, alors que nous pénétrons l’enceinte de se dernier, nous suivons les signes en anglais et en chinois qui nous disent de suivre telle ou telle direction. Nous marchons, marchons, marchons sous les vagues d’une chaleur insoutenable. Nous traversons une aire commerciale avec une foule de petits magasins quétaines dont les vendeurs se font agressivement insistants. Enfin, après plus de vingt minutes à trotter avec la langue pendante (IL FAIT CHAAAAAAAUD), nous nous retrouvons à notre point de départ. L’entrée du temple est camouflée dans un coin vers la gauche, alors que tous les panneaux directionnels pointaient vers la droite… Ridicule!
Alors, nous entrons dans le temple, jetons un coup d’œil aux centaines de tortues installées sur des faux pétales de fleurs de lotus dans un espèce d’étang en béton, nous nous demandons comment elles survivent dans cette eau pleine de « schnoutte » puis nous nous désintéressons et partons à la recherche des statues des disciples de Bouddha « qui adoptent des drôles de poses », tel que décrit par les auteurs de notre guide. Nous ne les trouvons pas tout de suite. Nous traversons plutôt quelques salles ordinaires avec des gens qui prient devant des statues quétaines et multicolores.
Après le déjeuner, nous tentons de prendre l’autobus pour nous rendre jusqu’au temple Guiyuan dans le district de Hànyáng, l’autre côté du pont à partir de Wŭchāng (le district où nous couchons). Le système des transports en commun est très vaste à Wŭhàn, et il est fort pratique considérant la quantité d’autobus qui desservent les trois districts. Cependant, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Peu de temps après avoir couru d’un côté à l’autre de la rue adjacente au fleuve, scrutant les divers arrêts où les noms sont inscrits en caractères que je n’arrive pas tous à déchiffrer, nous suons déjà à pleine goutte tellement la chaleur est intense (même à cette heure matinale!). Irrités par la chaleur, et puisque nous voulons maximiser notre temps, et enfin, après tout, nous sommes des touristes en vacances, nous finissons par opter pour un taxi. C'est drôle, on dirait qu'on se sent toujours coupable de monter à bord d'un taxi. Je ne suis pas sûre si c'est parce qu'on veut tenter de se débrouiller seuls et de se sentir comme si on était des habitants locaux, ou si c'est simplement à cause du prix exhorbitant qu'on a l'habitude de payer chez nous pour ce mode de transport (sauf qu'ici en Chine, même dans les grandes villes telles que Běijīng et Shànghăi, les taxis sont très peu coûteux).
Nous restons pris dans le trafic pendant plus de trente-cinq minutes, mais finissons par nous frayer un chemin sur le pont en zigzaguant témérairement entre les autobus, scooters et voitures. Les taxis sont assez casse-cou ici, mais ce n’est pas comparable aux tendances suicidaires de nos chauffeurs à Nányáng. Je contemple les piétons sur le trottoir qui semblent fondre sous la chaleur et l’humidité réputées de la ville. Je ricane malicieusement sur mon siège dans le taxi, où je sèche subtilement mes aisselles détrempées à l’air conditionné.
Au temple, nous nous forçons à être enthousiastes. Je dis que nous nous « forçons » à aborder une attitude positive dès le départ car nous sommes prédisposés à être critique face aux temples en Chine. Nos visites antérieures dans d’autres temples nous ont appris qu’ils se ressemblent tous, mais nous continuons à en visiter, dans l’espoir d’en voir un avec un petit « quelque chose » de différent, comme ce fut le cas à Luòyáng. Surtout que notre guide de voyage dit qu’on y trouve des bâtiments datant des dynasties Ming et Qing. Hélas! Ce temple est horrible et décevant. Les bâtiments ont tous été rénovés et ont perdu leur authenticité historique.
Tout d’abord, alors que nous pénétrons l’enceinte de se dernier, nous suivons les signes en anglais et en chinois qui nous disent de suivre telle ou telle direction. Nous marchons, marchons, marchons sous les vagues d’une chaleur insoutenable. Nous traversons une aire commerciale avec une foule de petits magasins quétaines dont les vendeurs se font agressivement insistants. Enfin, après plus de vingt minutes à trotter avec la langue pendante (IL FAIT CHAAAAAAAUD), nous nous retrouvons à notre point de départ. L’entrée du temple est camouflée dans un coin vers la gauche, alors que tous les panneaux directionnels pointaient vers la droite… Ridicule!
Alors, nous entrons dans le temple, jetons un coup d’œil aux centaines de tortues installées sur des faux pétales de fleurs de lotus dans un espèce d’étang en béton, nous nous demandons comment elles survivent dans cette eau pleine de « schnoutte » puis nous nous désintéressons et partons à la recherche des statues des disciples de Bouddha « qui adoptent des drôles de poses », tel que décrit par les auteurs de notre guide. Nous ne les trouvons pas tout de suite. Nous traversons plutôt quelques salles ordinaires avec des gens qui prient devant des statues quétaines et multicolores.
Personellement, en entrant dans un temple, j'aimerais ressentir une sorte de paix, d'équilibre, de calme, de spiritualité, bref une quelconque atmosphère propice au recueillement ou à la méditation. Je ne suis pas particulièrement enclin à prier ou quoique ce soit du genre, mais un temple, tout comme une église, une mosquée ou une synagogue, semble à mon avis être un endroit idéal pour s'éloigner de la jungle urbaine dans laquelle nous vivons tous les jours, et prendre quelques minutes pour, je ne sais pas, sans nécessairement être pieux, prendre l'occasion de se détendre et s'ouvrir aux paroles des autres. Mais en Chine, les temples bouddhistes visités n'ont su transmettre ce genre d'atmosphère sereine. Des préposés attendent les visiteurs à chaque tournant avec des poignées d'encens à vendre, puis les gens se mettent en file devant la statue de Bouddha, se prosternent moins de quinze secondes, glissent un billet de dix yuan dans une boîte en plexiglass vissée à côté de la statue... Je suis peut-être intransigeante, mais ça ressemble plus à un institut à exaucer les voeux de bonheur et de forturne qu'un endroit pour se recueillir. Peu importe, maintenant que j'ai terminé ma réflexion, je peux dire que, étourdis par les émanations d’encens, nous quittons l'aire surpeuplée et enfumée dans laquelle nous nous trouvons, puis nous tombons par hasard les statues des disciples.
Il y en a une quantité incroyable, tous prisonniers de casiers de verre sale et poussiéreux. Ils sont tellement kitch! Face aux statues, peintes en or et faites en plastique, j’ai de la misère à étouffer mes éclats de rire. Je pouffe un peu et me contrôle du mieux que je peux en constatant à quel point ces horreurs dorées inspirent l’admiration et le respect des dévots qui longent rangée après rangée en scrutant chacune d’entre elles, telles des œuvres d’art.
Peu de temps après avoir posé les pieds en sol bouddhiste, nous quittons le « nirvana » pour nous précipiter aveuglément dans la folie commerciale du district de Hànkŏu. Tanpis pour la spiritualité et les introspections!
Il y en a une quantité incroyable, tous prisonniers de casiers de verre sale et poussiéreux. Ils sont tellement kitch! Face aux statues, peintes en or et faites en plastique, j’ai de la misère à étouffer mes éclats de rire. Je pouffe un peu et me contrôle du mieux que je peux en constatant à quel point ces horreurs dorées inspirent l’admiration et le respect des dévots qui longent rangée après rangée en scrutant chacune d’entre elles, telles des œuvres d’art.
Peu de temps après avoir posé les pieds en sol bouddhiste, nous quittons le « nirvana » pour nous précipiter aveuglément dans la folie commerciale du district de Hànkŏu. Tanpis pour la spiritualité et les introspections!
Quelques kilomètres en taxi plus tard (une autre tentative de transport en commun ratée), nous arrivons en plein centre-ville. Mais nous ne voulons pas nécessairement magasiner. Nous nous sommes rendus à Hànkŏu sur les rues marchandes pour faire un tour chez… Wallmardeeeeeeee (Walmart)!!!! Hahahaha!!! Nous pénétrons chez le géant américain, et nous nous promenons impunémment dans les allées bourrées d’aliments introuvables à Nányáng. Quelques minutes plus tard, nous sortons avec un sac plein de pain frais, de yogourt, de thon en conserve, de pommes du Chili, de tranches de fromage Kraft et du café instantané. Nous partons à la recherche d’un coin vert digne de notre pique-nique, et trouvons quelque chose à notre goût dans un parc sur la rive ouest du fleuve Yangzi. Nous nous asseyons à l’ombre d’un arbre et faisons des sandwiches au thon (assez ordinaires : pain, thon, et tranches de fromage Kraft), que nous dévorons avec appétit devant le regard ahuri de quelques adolescents assis non loin de nous.
Après avoir rassasié nos estomacs, nous profitons de la lumière particulière de la fin d’après-midi pour partir à la recherche de bâtiments anciens à photographier. Nous en trouvons quelques uns après avoir parcouru plusieurs coins de rues à l’écart des touristes et des centres commerciaux. Les habitants locaux nous dévisagent avec une expression d’incrédulité (des touristes étrangers dans nos petites rues sans intérêt??? Ils doivent être perdus…). Ils ne semblent pas comprendre le charme que nous découvrons en parcourant les minuscules allées où le contraste entre le vieux et le moderne est tellement prenant. Peu importe. Clic-clic, nos appareils photo s’en donnent à cœur joie.
Enfin, la noirceur tombe d’un coup, tel un rideau sur scène, puis nous marchons jusqu’au quai d’embarquement du traversier qui nous ramènera au district de Wŭchāng. Nous soupons à l’auberge (des pââââââtes!!!! Miaaaaaaam) et relaxons le reste de la soirée. Demain, nous rentrons au bercail, mais pas avant 17h30 alors... il reste du temps pour vivre quelques autres péripéties!
Après avoir rassasié nos estomacs, nous profitons de la lumière particulière de la fin d’après-midi pour partir à la recherche de bâtiments anciens à photographier. Nous en trouvons quelques uns après avoir parcouru plusieurs coins de rues à l’écart des touristes et des centres commerciaux. Les habitants locaux nous dévisagent avec une expression d’incrédulité (des touristes étrangers dans nos petites rues sans intérêt??? Ils doivent être perdus…). Ils ne semblent pas comprendre le charme que nous découvrons en parcourant les minuscules allées où le contraste entre le vieux et le moderne est tellement prenant. Peu importe. Clic-clic, nos appareils photo s’en donnent à cœur joie.
Enfin, la noirceur tombe d’un coup, tel un rideau sur scène, puis nous marchons jusqu’au quai d’embarquement du traversier qui nous ramènera au district de Wŭchāng. Nous soupons à l’auberge (des pââââââtes!!!! Miaaaaaaam) et relaxons le reste de la soirée. Demain, nous rentrons au bercail, mais pas avant 17h30 alors... il reste du temps pour vivre quelques autres péripéties!
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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