L’autobus est étonnamment propre et bien équipé. L’assistant du chauffeur distribue des petits sacs à déchets (ou à vomi) à chacun
Le trajet se déroule bien, et au fur et à mesure que nous parcourons les kilomètres, le paysage change, les villages excessivement pauvres et sales peuplés d’habitants en loques se transforment en banlieues plus développées avec des gens à l’allure prospère, puis les routes en terre battue aux nombreux nid-de-poule font place à une autoroute à l’asphalte lisse et noire qui ferait pâlir de honte la municipalité de Montréal.
Seul désagrément à notre voyage routier : nous sommes assis directement sous les haut-parleurs qui crachent agressivement de la musique chinoise traditionnelle et populaire à tue-tête dans nos oreilles. Après plus d’une heure de tourmente musicale, je fini par demander au chauffeur de baisser le son, et il éteint aussitôt la radio. Je ne voulais pas nécessairement priver le reste des passagers de leur droit d’écouter de la musique à un moins haut volume, mais maintenant que la radio est éteinte, je me fiche bien du droit des autres passagers et savoure cette délicieuse absence de tourmente auditive (sauf pour les conversations sur les cellulaires, le raclage de gorge et les fumeurs qui s’étouffe dans des quintes de toux profondes, mais tout ça n’est que bruit de fond, on est déjà bien habitués!)
Alors, arrivés à Wŭhàn, Henning et moi nous étonnons de la grosseur de la ville, de ses gratte-ciels qui côtoient des bâtiments en décrépitude et du fleuve Yangzi (qu'on appelle Chang Jiang en mandarin) qu’on n’a peine à voir en traversant le pont qui nous mène dans le district de Wŭchāng tellement le smog est dense. C’est le signe typique du développement rapide d’un nouveau centre urbain, commercial et financier, où la richesse l’emporte sur la pauvreté des campagnes environnantes, mais l'environnement en souffre grandement.
Brève mise en contexte avant de continuer mon récit : Wŭhàn est la capitale de la province du Húběi, province située directement au sud du Hénán. Cette ville est un conglomérat de trois arrondissements, autrefois des villes à part entière mais qui furent fusionnées en 1927. Les trois districts se dénomment respectivement Wŭchāng, Hànkŏu et Hànyáng, d’où le nom Wŭhàn (Wŭ de Wŭchāng, et le Hàn de Hànkŏu et Hànyáng).
La ville est donc traversée par le fameux fleuve Yangzi, avec Hànkŏu et Hànyáng d'un côté et Wŭchāng de l'autre. Des ponts et des traversiers permettent de se rendre d’une rive à l’autre. Le vrai « centre-ville » et le secteur commercial se trouvent à Hànkŏu, ainsi que le port principal. C’est là qu’on retrouve les gros centres commerciaux et les nombreux magasins dont la réputation fait écho jusqu’à Nányáng. On y retrouve également la plupart des édifices historiques datant de l’ouverture de la ville au commerce étranger après la signature du traité de Nánjīng en 1842 (traité de paix marquant la fin de la première guerre d’opium entre l’empire britannique et la dynastie Qing).
En effet, à divers endroits dans le district de Hànkŏu peut-on apercevoir des bâtiments dont l’architecture d’influence occidentale contraste avec le style d’architecture chinoise moderne (quoique on voit rarement des bâtiments roses tel que celui-ci chez nous, mais j'ai bien dit « d'influence » occidentale, et non pas construits par des occidentaux). Il y a également des bâtiments authentiquement « occidentaux » datant du début du vingtième siècle et qui sont le legs des enclaves britannique, allemande, russe et française dont l’établissement s’était propagé au cours de la période d’industrialisation dans la région après la guerre sino-japonaise de 1895.
Nous demeurons donc dans le nouveau centre financier de Wŭhàn, à Wŭchāng. L'auberge de jeunesse qui nous accueille fait partie de la fédération YHA (Youth Hostels Association). L’atmosphère qui règne alors que nous pénétrons l’aire de réception est sympatique, quoique l’endroit semble plus ou moins désert. Il faut dire qu’il est environ 16h30, et que la plupart des occupants sont sans doute affairés à visiter la ville. La jeune préposée au comptoir nous assigne la chambre 213.
Nous montons à l’étage, et constatons que notre chambre avec salle de bain serait mieux si, au fond, il n’y avait pas de salle de bain. L’odeur de la toilette turque a insidieusement infiltré tous les recoins de la petite chambre. Le personnel offre gentiment de nous relocaliser au premier étage, se qui se révélera être un mauvais choix non seulement à cause du bruit mais surtout parce que la chambre est tellement poussiéreuse que j’éprouve à nouveau les symptômes dérangeant de mes allergies et de mon asthme.
En me voyant la respiration qui cille et le nez complètement bouché le lendemain matin de notre première nuit, la préposée au comptoir croira que j’ai attrapé la grippe et m’offrira sa sympathie. Je lui expliquerai que ce sont mes allergies à la poussière, ce après quoi, gentiment, elle nous offrira de nous changer de chambre une deuxième fois, mais dans une autre chambre que la chambre initiale. C’est ainsi que nous dormirons plus confortablement dans la chambre 203 pour les deux prochaines nuits.
Alors, on peut dire que le personnel est absolument charmant et plus que serviable! Pour ce qui est du reste de l’auberge, les services offerts sont biens et même si on ne peut cuisiner soi-même, les plats offerts par le restaurant de la place sont bons, et enfin l'aire commune où on peut relaxer a du caractère. Les murs témoignent du nombre de visiteurs qui ont séjourné ici au cours des trois années écoulées depuis l’ouverture de l’auberge. Donc nous sommes bien établis à Wŭchāng, et l’auberge est très bien située pour accéder aux divers sites que la ville a à offrir.
Revenons-en au soir de notre arrivée! Nous décidons d’aller nous promener dans les grandes rues commerciales de Hànkŏu, où nous nous rendons en prenant le traversier qui fait la navette du matin au soir entre les rives du Yangzi. Nous sommes un peu affolés en constatant la quantité de monde qui veulent traverser eux aussi. Sauf que les chinois ont le don de déplacer beaucoup de gens efficacement, et malgré la foule qui se presse contre la grille donnant sur le quai, on n’attend que quelques minutes avant de monter à bord du traversier.
Nous profitons de la vue nocturne du pont Chang Jiang et du fleuve qu'il traverse, dont l’eau semble être mauve et bleue en raison de la lumière des néons des édifices sur chaque rive qui se reflète dans les flots (en fait, l’eau est réellement brune à cause de toute la terre et la boue qui jonchent le lit du fleuve). Une fois le bateau accosté à Hànkŏu, les gens se précipitent tous dans l'étroit escalier qui permet d'accéder à la sortie à l'étage au-dessous, créant un énorme bouchon. Nous évitons la foule et admirons le fleuve en attendant que les gens cessent de se bousculer et que l'escalier soit presque vide. Par contre, on se fait crier après par le préposé à la sortie, qui n'est pas content qu'on n'ait ralenti l'embarquement de ceux qui attendent de se rendre à Wŭchāng. On s'entend, un délai de moins de quinze secondes s'est écoulé depuis que la foule a quitté le bateau! Mais bon!
C'est ainsi que nous partons à la conquête des rues piétonnières de Hànkŏu. On observe les piétons plutôt que les vêtements et objets exhibés dans les vitrines de magasin. Il y a tellement de monde! Au bout d'une demie heure, je finis par flancher et entre dans une librairie, où je trouve un excellent dictionnaire pas cher qui devrait m'aider à améliorer mes compétences linguistiques (un dictionnaire du mandarin à l'anglais seulement). Pendant ce temps, Henning arpente les allées du
magasin en rigolant pendant qu’il prend des photos des livres allemands-chinois dont les titres sont mal épelés (telle que le démontre la photo de ce dictionnaire chinois-allemand, ou plutôt « deutch » comme ils l'écrivent, sans le « s »)…
Enfin, épuisés par notre trajet en bus jusqu'à Wŭhàn, saoulés par les foules possédées par la folie de consommation, nous rentrons à l’auberge nous coucher.
La ville est donc traversée par le fameux fleuve Yangzi, avec Hànkŏu et Hànyáng d'un côté et Wŭchāng de l'autre. Des ponts et des traversiers permettent de se rendre d’une rive à l’autre. Le vrai « centre-ville » et le secteur commercial se trouvent à Hànkŏu, ainsi que le port principal. C’est là qu’on retrouve les gros centres commerciaux et les nombreux magasins dont la réputation fait écho jusqu’à Nányáng. On y retrouve également la plupart des édifices historiques datant de l’ouverture de la ville au commerce étranger après la signature du traité de Nánjīng en 1842 (traité de paix marquant la fin de la première guerre d’opium entre l’empire britannique et la dynastie Qing).
Nous demeurons donc dans le nouveau centre financier de Wŭhàn, à Wŭchāng. L'auberge de jeunesse qui nous accueille fait partie de la fédération YHA (Youth Hostels Association). L’atmosphère qui règne alors que nous pénétrons l’aire de réception est sympatique, quoique l’endroit semble plus ou moins désert. Il faut dire qu’il est environ 16h30, et que la plupart des occupants sont sans doute affairés à visiter la ville. La jeune préposée au comptoir nous assigne la chambre 213.
Nous montons à l’étage, et constatons que notre chambre avec salle de bain serait mieux si, au fond, il n’y avait pas de salle de bain. L’odeur de la toilette turque a insidieusement infiltré tous les recoins de la petite chambre. Le personnel offre gentiment de nous relocaliser au premier étage, se qui se révélera être un mauvais choix non seulement à cause du bruit mais surtout parce que la chambre est tellement poussiéreuse que j’éprouve à nouveau les symptômes dérangeant de mes allergies et de mon asthme.
En me voyant la respiration qui cille et le nez complètement bouché le lendemain matin de notre première nuit, la préposée au comptoir croira que j’ai attrapé la grippe et m’offrira sa sympathie. Je lui expliquerai que ce sont mes allergies à la poussière, ce après quoi, gentiment, elle nous offrira de nous changer de chambre une deuxième fois, mais dans une autre chambre que la chambre initiale. C’est ainsi que nous dormirons plus confortablement dans la chambre 203 pour les deux prochaines nuits.
Alors, on peut dire que le personnel est absolument charmant et plus que serviable! Pour ce qui est du reste de l’auberge, les services offerts sont biens et même si on ne peut cuisiner soi-même, les plats offerts par le restaurant de la place sont bons, et enfin l'aire commune où on peut relaxer a du caractère. Les murs témoignent du nombre de visiteurs qui ont séjourné ici au cours des trois années écoulées depuis l’ouverture de l’auberge. Donc nous sommes bien établis à Wŭchāng, et l’auberge est très bien située pour accéder aux divers sites que la ville a à offrir.
Revenons-en au soir de notre arrivée! Nous décidons d’aller nous promener dans les grandes rues commerciales de Hànkŏu, où nous nous rendons en prenant le traversier qui fait la navette du matin au soir entre les rives du Yangzi. Nous sommes un peu affolés en constatant la quantité de monde qui veulent traverser eux aussi. Sauf que les chinois ont le don de déplacer beaucoup de gens efficacement, et malgré la foule qui se presse contre la grille donnant sur le quai, on n’attend que quelques minutes avant de monter à bord du traversier.
Enfin, épuisés par notre trajet en bus jusqu'à Wŭhàn, saoulés par les foules possédées par la folie de consommation, nous rentrons à l’auberge nous coucher.
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire