Ce matin, nous nous payons la traite : un déjeuner généreux et de style « européen » (selon l’auberge), c’est-à-dire rôties et confiture, deux œufs bouillis, une single de Kraft, un verre de lait froid (et sucré???), du café (instantané) et trois demies tranches d’orange. Ça me semble américain plutôt qu’européen, sauf qu’il y a également une version américaine de ce déjeuner, où les œufs sont frits plutôt que bouillis et l'accompagement comprend du spam; du faux-jambon (viande en conserve, beurk!). Peu importe, européen ou américain, ça goûte bon et ça me rassasie.
Au programme aujourd’hui, la spontanéité d’abord, mais nous commençons par nous rendre à l'université de Wŭhàn pour nous donner un but. Nous avons entendu dire que c’est une université bien cotée (selon nos étudiants), et d’après notre guide de voyage, le campus possède de beaux bâtiments historiques qui datent de la fondation de cette institution, en 1913.
Le guide indique qu’il y a eu une longue bataille sur le campus universitaire pendant la Révolution culturelle en 1967. Des nids de mitrailleuses furent construits sur le toit de la bibliothèque (dans laquelle il n’y a désormais plus aucun livre, une nouvelle bibliothèque a été construite à cet effet), et des tunnels d’approvisionnement ont été creusés dans les collines environnantes.
Comme de fait, la vielle bibliothèque et l'un des dortoirs pour filles sont très beaux, avec des toits dont le style architectural date de la période de la dynastie Ming. Nous avons pris l’autobus non loin de l’auberge jusqu’à l’entrée du campus, et ce ne fut pas évident de trouver les bâtiments convoités. Cependant, avec l’aide d’un étudiant (venu nous voir de lui-même en voyant que nous examinions notre carte de la ville d’un air perplexe), notre quête fut plus simple que si nous avions trotté d’un recoin à l’autre du campus, qui est vraiment très grand.
En gravissant les marches du dortoir, j’aperçois les corridors menant à l’intérieur et me rend compte à ce moment-là qu’il est toujours habité. C’est un dortoir de filles. Je me risque à l’intérieur pendant que Henning se rend sur le toit, en haut duquel un chemin mène à l'ancienne bibliothèque. Je croise deux étudiantes et me risque à les questionner un peu. Elles sont gênées mais répondent à mes questions. Je découvre ainsi que le dortoir est toujours habité, mais il y en a d’autres plus récents et en meilleur état qui hébergent d’autres étudiantes. J’apprends également qu’elles ne résident pas dans le vieux dortoir par choix, que c’est l’administration de l’université qui a le dernier mot sur qui vit où. Le vieux dortoir a beaucoup plus de charme certes, mais les étudiantes témoignent du manque d’espace dans les chambres et je ne peux qu’imaginer comme elles doivent geler l’hiver et crever de chaleur l’été. En me dirigeant vers la sortie après avoir dit aurevoir aux deux étudiantes, je trouve assez comique de voir des affiches de boys band collées sur les portes de chambre, tel qu’on verrait dans n'importe quelle chambre d’adolescente sauf qu'ici, il n'y a que des universitaires.
Henning trouve que, comparés aux étudiants universitaires en Allemagne, l’attitude des étudiants d'ici est plutôt enfantine et naïve et qu'ils démontrent peu de maturité et d'initiative. (Quoique à mon avis, les étudiants canadiens ne sont pas toujours vraiment plus matures!) Il a suggéré un peu à la blague que, étant donné que les jeunes chinois n’ont pas d’enfance (dans la mesure où ils sont accablés de nombreux devoirs et de responsabilités autant à l’école que chez eux), et qu’ils sont traités comme des adultes dès un très jeune âge, ils retombent dans un état d'immaturé une fois qu’ils sont loin de chez eux et qu’ils ont moins de travail à faire. En effet, la charge de travail au niveau universitaire est considérablement moindre comparée aux niveaux primaire et secondaire. Ce n’est pas fou comme théorie!
En tout cas…
Après notre promenade sur le campus, nous nous rendons au musée provincial du Húběi. C’est un édifice moderne et contemporain, lui aussi en forme de pyramide (comme le musée provincial du Hénán), qui offre des explications en anglais fortement appréciées pour comprendre l’histoire existant derrière les objets exposés. Nous découvrons une exposition consacrée à la tombe Zenhouyi, datant de l’année 433 av. J-C (approximativement). Cette tombe a été exhumée en 1978 dans la ville de Suízhōu (non loin de Wŭhàn). Son intérêt réside dans le fait que l’homme retrouvé dans la tombe, surnommé Yi, a été enterré avec plus de sept mille de ses artefacts préférés, incluant une série de soixante-quatre cloches en bronze dont le registre couvre la gamme de 7 notes et sont jouées sur deux tons, démontrant que la Chine ancienne possédait déjà une gamme musicale à l’époque. D’ailleurs, nous avons pu assister à un concert de musique traditionnelle d’une durée de vingt minutes, jouée par des musiciens talentueux sur des reproductions d’instrument anciens, incluant une réplique des dites cloches. C’était vraiment quelque chose à voir et à entendre! Même qu'une des pièces était accompagnée d'une prestation de dance.
Après la visite du musée terminée (cela dit, nous n'avons pas tout vu, il y avait trop d'expositions, exhibées sur quatre étages), nous décidons d’aller nous promener sur une petite portion des rives du lac Dōng Hú (hú veut dire « lac » en mandarin, et dōng veut dire « est »), qui est un énorme lac en plein au cœur du district de Wŭchāng, et qui fait, à mon avis, tout le charme d’une grosse ville polluée comme Wŭhàn. Le lac est vraiment énorme, son étendue couvre 33 km², et la superficie totale du parc, incluant le lac et les terrains environnants, fait 87 km².
Notre promenade ne couvre que quelques kilomètres, ceux plus prêts du musée, donc une fraction à peine de la surface totale du parc. Malgré le peu de terrain exploré, ce que nous voyons est mille fois plus beau que ce que nous avions vu au Palais d'été à Beijing (même concept: jardins, lacs, etc.)
Plutôt que de nous promener à pied, puisque le soleil se prépare à se coucher et que la lumière diminue de minute en minute, nous sautons sur l’occasion de nous louer un tandem pour une durée d'une heure! Je ne suis pas certaine que nous serons capable de nous recroqueviller de sorte à ce que nos jambes puissent pédaler allègrement, mais vu la densité de la foule, nous n’aurons pas l’occasion d’aller vite de toute façon. Cette entreprise s’avère être une idée géniale, et nous avons énormément de plaisir à zigzaguer dangereusement entre les piétons qui forment une masse compacte, progressant à la vitesse d'un escargot tant les chemins sont étroits. Je hurle des duibuqi à plein poumons (pardon! pardon!) pendant que Henning s’entraîne le pouce sur la sonnette en envoyant des nihao! nihao! (bonjour! Bonjour!) à ceux qui nous jettent des regards intrigués (et parfois offusqués).
Je me marre en voyant Henning avec les genoux dans la bouche, et je prends plaisir à observer la motion de mes genoux qui enfoncent malgré eux des coups dans ses fesses. Nos sièges ont été ajustés de sorte à être montés le plus haut possible, mais malgré tout, nous sommes trop grands.
À un moment, emportés par notre élan d’enthousiasme en constatant que nous avons réussi à semer la foule, nous passons une porte et nous nous retrouvons subitement sur la route à l’extérieur du parc. Avis aux intéressés, vous pouvez visionner la vidéo! Mais, après quelques minutes, nous retrouvons une autre entrée et revenons dans le parc, juste à temps pour admirer le coucher du soleil au-dessus du lac.
Fatigués, mais satisfaits de notre journée, nous rentrons à l'auberge, où nous nous délectons devant un sandwich au thon à deux étages. Je n’ai jamais été aussi excitée de manger du poisson… Pas d'huile, pas de chilis épicés, pas de riz, seulement du thon, des concombres, des tomates et de la mayonnaise, mais pas trop. Miiiaaaaaaaam. Je pense qu'une description aussi détaillée d'un sandwich au thon témoigne de notre manque de nourriture « banale », devenue denrée rare.
Au programme aujourd’hui, la spontanéité d’abord, mais nous commençons par nous rendre à l'université de Wŭhàn pour nous donner un but. Nous avons entendu dire que c’est une université bien cotée (selon nos étudiants), et d’après notre guide de voyage, le campus possède de beaux bâtiments historiques qui datent de la fondation de cette institution, en 1913.
Le guide indique qu’il y a eu une longue bataille sur le campus universitaire pendant la Révolution culturelle en 1967. Des nids de mitrailleuses furent construits sur le toit de la bibliothèque (dans laquelle il n’y a désormais plus aucun livre, une nouvelle bibliothèque a été construite à cet effet), et des tunnels d’approvisionnement ont été creusés dans les collines environnantes.
Comme de fait, la vielle bibliothèque et l'un des dortoirs pour filles sont très beaux, avec des toits dont le style architectural date de la période de la dynastie Ming. Nous avons pris l’autobus non loin de l’auberge jusqu’à l’entrée du campus, et ce ne fut pas évident de trouver les bâtiments convoités. Cependant, avec l’aide d’un étudiant (venu nous voir de lui-même en voyant que nous examinions notre carte de la ville d’un air perplexe), notre quête fut plus simple que si nous avions trotté d’un recoin à l’autre du campus, qui est vraiment très grand.
En gravissant les marches du dortoir, j’aperçois les corridors menant à l’intérieur et me rend compte à ce moment-là qu’il est toujours habité. C’est un dortoir de filles. Je me risque à l’intérieur pendant que Henning se rend sur le toit, en haut duquel un chemin mène à l'ancienne bibliothèque. Je croise deux étudiantes et me risque à les questionner un peu. Elles sont gênées mais répondent à mes questions. Je découvre ainsi que le dortoir est toujours habité, mais il y en a d’autres plus récents et en meilleur état qui hébergent d’autres étudiantes. J’apprends également qu’elles ne résident pas dans le vieux dortoir par choix, que c’est l’administration de l’université qui a le dernier mot sur qui vit où. Le vieux dortoir a beaucoup plus de charme certes, mais les étudiantes témoignent du manque d’espace dans les chambres et je ne peux qu’imaginer comme elles doivent geler l’hiver et crever de chaleur l’été. En me dirigeant vers la sortie après avoir dit aurevoir aux deux étudiantes, je trouve assez comique de voir des affiches de boys band collées sur les portes de chambre, tel qu’on verrait dans n'importe quelle chambre d’adolescente sauf qu'ici, il n'y a que des universitaires.
Henning trouve que, comparés aux étudiants universitaires en Allemagne, l’attitude des étudiants d'ici est plutôt enfantine et naïve et qu'ils démontrent peu de maturité et d'initiative. (Quoique à mon avis, les étudiants canadiens ne sont pas toujours vraiment plus matures!) Il a suggéré un peu à la blague que, étant donné que les jeunes chinois n’ont pas d’enfance (dans la mesure où ils sont accablés de nombreux devoirs et de responsabilités autant à l’école que chez eux), et qu’ils sont traités comme des adultes dès un très jeune âge, ils retombent dans un état d'immaturé une fois qu’ils sont loin de chez eux et qu’ils ont moins de travail à faire. En effet, la charge de travail au niveau universitaire est considérablement moindre comparée aux niveaux primaire et secondaire. Ce n’est pas fou comme théorie!
En tout cas…
Après notre promenade sur le campus, nous nous rendons au musée provincial du Húběi. C’est un édifice moderne et contemporain, lui aussi en forme de pyramide (comme le musée provincial du Hénán), qui offre des explications en anglais fortement appréciées pour comprendre l’histoire existant derrière les objets exposés. Nous découvrons une exposition consacrée à la tombe Zenhouyi, datant de l’année 433 av. J-C (approximativement). Cette tombe a été exhumée en 1978 dans la ville de Suízhōu (non loin de Wŭhàn). Son intérêt réside dans le fait que l’homme retrouvé dans la tombe, surnommé Yi, a été enterré avec plus de sept mille de ses artefacts préférés, incluant une série de soixante-quatre cloches en bronze dont le registre couvre la gamme de 7 notes et sont jouées sur deux tons, démontrant que la Chine ancienne possédait déjà une gamme musicale à l’époque. D’ailleurs, nous avons pu assister à un concert de musique traditionnelle d’une durée de vingt minutes, jouée par des musiciens talentueux sur des reproductions d’instrument anciens, incluant une réplique des dites cloches. C’était vraiment quelque chose à voir et à entendre! Même qu'une des pièces était accompagnée d'une prestation de dance.
Après la visite du musée terminée (cela dit, nous n'avons pas tout vu, il y avait trop d'expositions, exhibées sur quatre étages), nous décidons d’aller nous promener sur une petite portion des rives du lac Dōng Hú (hú veut dire « lac » en mandarin, et dōng veut dire « est »), qui est un énorme lac en plein au cœur du district de Wŭchāng, et qui fait, à mon avis, tout le charme d’une grosse ville polluée comme Wŭhàn. Le lac est vraiment énorme, son étendue couvre 33 km², et la superficie totale du parc, incluant le lac et les terrains environnants, fait 87 km².
Notre promenade ne couvre que quelques kilomètres, ceux plus prêts du musée, donc une fraction à peine de la surface totale du parc. Malgré le peu de terrain exploré, ce que nous voyons est mille fois plus beau que ce que nous avions vu au Palais d'été à Beijing (même concept: jardins, lacs, etc.)
Plutôt que de nous promener à pied, puisque le soleil se prépare à se coucher et que la lumière diminue de minute en minute, nous sautons sur l’occasion de nous louer un tandem pour une durée d'une heure! Je ne suis pas certaine que nous serons capable de nous recroqueviller de sorte à ce que nos jambes puissent pédaler allègrement, mais vu la densité de la foule, nous n’aurons pas l’occasion d’aller vite de toute façon. Cette entreprise s’avère être une idée géniale, et nous avons énormément de plaisir à zigzaguer dangereusement entre les piétons qui forment une masse compacte, progressant à la vitesse d'un escargot tant les chemins sont étroits. Je hurle des duibuqi à plein poumons (pardon! pardon!) pendant que Henning s’entraîne le pouce sur la sonnette en envoyant des nihao! nihao! (bonjour! Bonjour!) à ceux qui nous jettent des regards intrigués (et parfois offusqués).
Je me marre en voyant Henning avec les genoux dans la bouche, et je prends plaisir à observer la motion de mes genoux qui enfoncent malgré eux des coups dans ses fesses. Nos sièges ont été ajustés de sorte à être montés le plus haut possible, mais malgré tout, nous sommes trop grands.
À un moment, emportés par notre élan d’enthousiasme en constatant que nous avons réussi à semer la foule, nous passons une porte et nous nous retrouvons subitement sur la route à l’extérieur du parc. Avis aux intéressés, vous pouvez visionner la vidéo! Mais, après quelques minutes, nous retrouvons une autre entrée et revenons dans le parc, juste à temps pour admirer le coucher du soleil au-dessus du lac.
Fatigués, mais satisfaits de notre journée, nous rentrons à l'auberge, où nous nous délectons devant un sandwich au thon à deux étages. Je n’ai jamais été aussi excitée de manger du poisson… Pas d'huile, pas de chilis épicés, pas de riz, seulement du thon, des concombres, des tomates et de la mayonnaise, mais pas trop. Miiiaaaaaaaam. Je pense qu'une description aussi détaillée d'un sandwich au thon témoigne de notre manque de nourriture « banale », devenue denrée rare.
Demain, nous ne sommes pas certains de notre programme, mais sans doute nous rendrons nous à Hànkŏu pour admirer l'architecture particulière de ce district, ainsi que de voir un temple ou deux si le cœur nous en dit.
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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