Vendredi, Henning et moi sommes allés faire quelques courses au Wandro, et je crois sincèrement qu’il vaut la peine de mentionner l’épisode qui s’y est produit en ce mémorable 16 février 2007. C’était un jour comme un autre, certes, mais pour Henning, l’événement survenu cette journée-là sera gravée dans sa mémoire à tout jamais, car je peux affirmer que je ne l’ai jamais vu avoir un aussi gros « fou-rire ».
Ceux qui connaissent moindrement Henning savent que c’est un fan de l’humour « tarte à la crème » (mieux connu en anglais sous le terme slapstick humour). Bref, quelqu’un qui trébuche et tombe par terre le fait éclater de rire à tous coups, même si l’accident est douloureux. Au début, ça me traumatisait, mais ma mère est pareille, et je sais que c’est tout-à-fait involontaire. Ils ne rient pas du fait que quelqu'un se blesse. Simplement, de l’incident comme tel.
Alors, revenons dans le temps. Nous sommes vendredi, nous sommes au Wandro et l’habituel préposé à la boulangerie est absent. Nous devons demander à une dame de la section des fruits et légumes de nous dépanner. La voilà qui s’apprête à prendre ce qu’on lui pointe derrière le comptoir vitré, mais elle ne sait pas encore qu'elle aura besoin d’un deuxième essai avant d’y parvenir. Ce que la dame ne sait pas en voulant sélectionner le produit convoité, c’est qu’il y a également une vitre au dessus du comptoir, une sorte de plexiglas empêchant quiconque de se pencher au-dessus des produits alimentaires, sans doute par hygiène. Donc en temps normal, il faut se pencher assez bas, au niveau du comptoir, pour pouvoir s’emparer de quoique ce soit.
C’est pourquoi la pauvre se cogne violemment le front sur la vitre alors qu’elle tente de rejoindre le plateau de biscuits devant elle. Sur le coup, ça ressemble un peu à l’allure qu’aurait une personne qui, voulant se rendre sur le balcon arrière d’une maison, ne voit pas la porte patio vitrée qui la sépare de son but et rebondit instantanément, sans doute en sacrant de douleur et d’embarras. Et bien, dans le cas de la pauvre petite dame, après avoir pris à peine deux secondes pour retrouver ses esprits, elle continue de nous servir comme si de rien était.
C’est à contrecœur que je me retourne vers mon amoureux, espérant profondément qu’il saura préserver la dignité de la préposée en évitant d’éclater de rire. Mais, je sais très bien que le mal est fait. Une fois que le fou-rire s’installe, il n’y a rien pour l’arrêter. Henning a les yeux exorbités, le visage crispé, il se mord les lèvres, ses épaules sont secouées par des spasmes qu’il n’arrive pas à contrôler, et il n’en a plus que pour quelques fractions de seconde avant de faire une scène. Je le pousse brusquement hors de la section boulangerie et c’est tant bien que mal qu’il part en courant se cacher dans les allées plus loin.
L’évasion est vaine, car j’entends aussitôt son rire de dégénéré remplir le silence inconfortable qui s’était alors installé près du comptoir de la boulangerie. Les gens un peu partout dans le magasin se retournent, curieux et perplexes d’entendre d’où provient ce son guttural qui fait écho tout près d’eux. Henning est rapidement repéré puisque sa tête dépasse considérablement toutes les étagères du magasin. Sa main s’accroche aux étagères dans un effort de ne pas s’écrouler de rire et tomber parterre, ce qui empirerait sans doute la situation.
L’inconfort que je ressens ainsi que le rouge qui colore mes joues grandissent à mesure que le rire de mon copain s’amplifie. Je lance un xièxie (merci) précipité à la préposée qui n’en peu plus de faire semblant de ne pas avoir mal et qui se pétrit aussitôt le front dans l’espoir de ne pas se retrouver avec une grosse prune mauve.
J’attrape mon amoureux au passage et nous nous enfuyons aux caisses, ou les gens n’ont pas été témoin de la scène.
Une fois dehors, Henning se laisse vraiment aller. Il rit, il rit, il rit. (Lorsqu’il sera à nouveau en mesure de parler, il se justifiera en s’exclamant qu’après l’impact sur la vitre, « she was totally cross-eyed!! »). Alors qu’il continue de rire, je me laisse entraîner mais fini par me remettre de l’incident et cesse de rigoler. Henning, pour sa part, est vraiment dans un monde parallèle. Je commence à avoir peur qu’il n’arrêtera jamais.
Il arrête subitement, mais quelques secondes plus tard, le temps de se repasser la scène mentalement, il recommence. Ce manège continue jusqu’à ce que nous arrivions à notre appartement. Mais c’est loin d’être terminé. Il aura à nouveau plusieurs éclats de rire spontanés, non seulement au cours de la journée mais également au cours de prochaines semaines, et ce dans les moments les plus inattendus. Le plus fou, c’est quand il rapporte cet « évènement » à des interlocuteurs. Ces derniers, pour la plupart, rient juste en voyant Henning s’égosiller avant même d’avoir raconter son « punch ». C’est vraiment un phénomène à voir. J’invite n’importe qui à faire référence à cet incident et vous comprendrez pourquoi j’ai pris la peine de réserver la majeure partie de ce chapitre pour vous rapporter le tout en détails.
Ceux qui connaissent moindrement Henning savent que c’est un fan de l’humour « tarte à la crème » (mieux connu en anglais sous le terme slapstick humour). Bref, quelqu’un qui trébuche et tombe par terre le fait éclater de rire à tous coups, même si l’accident est douloureux. Au début, ça me traumatisait, mais ma mère est pareille, et je sais que c’est tout-à-fait involontaire. Ils ne rient pas du fait que quelqu'un se blesse. Simplement, de l’incident comme tel.
Alors, revenons dans le temps. Nous sommes vendredi, nous sommes au Wandro et l’habituel préposé à la boulangerie est absent. Nous devons demander à une dame de la section des fruits et légumes de nous dépanner. La voilà qui s’apprête à prendre ce qu’on lui pointe derrière le comptoir vitré, mais elle ne sait pas encore qu'elle aura besoin d’un deuxième essai avant d’y parvenir. Ce que la dame ne sait pas en voulant sélectionner le produit convoité, c’est qu’il y a également une vitre au dessus du comptoir, une sorte de plexiglas empêchant quiconque de se pencher au-dessus des produits alimentaires, sans doute par hygiène. Donc en temps normal, il faut se pencher assez bas, au niveau du comptoir, pour pouvoir s’emparer de quoique ce soit.
C’est pourquoi la pauvre se cogne violemment le front sur la vitre alors qu’elle tente de rejoindre le plateau de biscuits devant elle. Sur le coup, ça ressemble un peu à l’allure qu’aurait une personne qui, voulant se rendre sur le balcon arrière d’une maison, ne voit pas la porte patio vitrée qui la sépare de son but et rebondit instantanément, sans doute en sacrant de douleur et d’embarras. Et bien, dans le cas de la pauvre petite dame, après avoir pris à peine deux secondes pour retrouver ses esprits, elle continue de nous servir comme si de rien était.
C’est à contrecœur que je me retourne vers mon amoureux, espérant profondément qu’il saura préserver la dignité de la préposée en évitant d’éclater de rire. Mais, je sais très bien que le mal est fait. Une fois que le fou-rire s’installe, il n’y a rien pour l’arrêter. Henning a les yeux exorbités, le visage crispé, il se mord les lèvres, ses épaules sont secouées par des spasmes qu’il n’arrive pas à contrôler, et il n’en a plus que pour quelques fractions de seconde avant de faire une scène. Je le pousse brusquement hors de la section boulangerie et c’est tant bien que mal qu’il part en courant se cacher dans les allées plus loin.
L’évasion est vaine, car j’entends aussitôt son rire de dégénéré remplir le silence inconfortable qui s’était alors installé près du comptoir de la boulangerie. Les gens un peu partout dans le magasin se retournent, curieux et perplexes d’entendre d’où provient ce son guttural qui fait écho tout près d’eux. Henning est rapidement repéré puisque sa tête dépasse considérablement toutes les étagères du magasin. Sa main s’accroche aux étagères dans un effort de ne pas s’écrouler de rire et tomber parterre, ce qui empirerait sans doute la situation.
L’inconfort que je ressens ainsi que le rouge qui colore mes joues grandissent à mesure que le rire de mon copain s’amplifie. Je lance un xièxie (merci) précipité à la préposée qui n’en peu plus de faire semblant de ne pas avoir mal et qui se pétrit aussitôt le front dans l’espoir de ne pas se retrouver avec une grosse prune mauve.
J’attrape mon amoureux au passage et nous nous enfuyons aux caisses, ou les gens n’ont pas été témoin de la scène.
Une fois dehors, Henning se laisse vraiment aller. Il rit, il rit, il rit. (Lorsqu’il sera à nouveau en mesure de parler, il se justifiera en s’exclamant qu’après l’impact sur la vitre, « she was totally cross-eyed!! »). Alors qu’il continue de rire, je me laisse entraîner mais fini par me remettre de l’incident et cesse de rigoler. Henning, pour sa part, est vraiment dans un monde parallèle. Je commence à avoir peur qu’il n’arrêtera jamais.
Il arrête subitement, mais quelques secondes plus tard, le temps de se repasser la scène mentalement, il recommence. Ce manège continue jusqu’à ce que nous arrivions à notre appartement. Mais c’est loin d’être terminé. Il aura à nouveau plusieurs éclats de rire spontanés, non seulement au cours de la journée mais également au cours de prochaines semaines, et ce dans les moments les plus inattendus. Le plus fou, c’est quand il rapporte cet « évènement » à des interlocuteurs. Ces derniers, pour la plupart, rient juste en voyant Henning s’égosiller avant même d’avoir raconter son « punch ». C’est vraiment un phénomène à voir. J’invite n’importe qui à faire référence à cet incident et vous comprendrez pourquoi j’ai pris la peine de réserver la majeure partie de ce chapitre pour vous rapporter le tout en détails.
L’après-midi même, Ellen vient cogner à notre porte. Elle est accompagnée d’une de ses sœurs, qui l’aide à livrer (dans tous les appartements de notre immeuble) des paniers débordants de fruits. C’est dans le cadre du Nouvel An chinois (guònián, 过年) qu’on nous offre un tel cadeau. Nous avons également droit à des jiaozi congelés, des bonbons, du chocolat, et des décorations traditionnelles. Ces dernières doivent être apposées de chaque côté des montants de la porte d’entrée, en plus du carton en forme de losange où est inscrit le caractère « bonheur » (fú, 福), qui doit normalement être accroché à l’envers pour symboliser le fait que « le bonheur est arrivé ». C’est qu’en chinois, le mot
renverser (dào, 倒) est homophone de arriver (dào, 到).Ellen reste à peine le temps de recevoir notre propre petit cadeau en vitesse (du chocolat, qu’elle aime presque autant que moi!), puis elle part en courant, sans doute très heureuse d’être libérée de ses responsabilités le temps des vacances, qui, pour elle, débuteront l’instant où elle aura quitté notre immeuble.
Ce soir-là nous regardons un film avec Pauline et Guillaume, et le lendemain soir, c’est en leur compagnie que nous célébrons le Nouvel An.
Ainsi, pour notre souper du jour de l’An, Henning et moi avons offert de cuisiner et d’apporter les plats chez nos amis au quatrième étage, où il fait un tantinet plus chaud que chez nous. En effet, malgré le chauffage, chez nous, nous avons de la buée qui sort de la bouche en tout temps.
Ce soir-là nous regardons un film avec Pauline et Guillaume, et le lendemain soir, c’est en leur compagnie que nous célébrons le Nouvel An.
À défaut de savoir concocter des plats chinois, je fais le seul plat « chinois » que je connaisse : du pâté chinois! Nous mangerons donc notre pâté avec quelques raviolis chinois offert par Ellen la veille, le tout accompagné de vin français (gracieuseté de nos amis). Le repas est ordinaire, je ne suis pas particulièrement douée, mais l’atmosphère est super agréable.
Henning raconte son histoire de la veille au Wandro, et nous avons beaucoup de plaisir à le regarder s’étouffer de rire alors qu’il n’a même pas encore sorti un mot. L’histoire prendra donc plusieurs minutes à être racontée en raison de nombreuses interruptions de la part du conteur, qui ne cesse de s’esclaffer!
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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