Aujourd’hui, particulièrement réjouis de voir le soleil et du ciel «bleu», Henning et moi avons décidé de profiter de la température clémente pour partir explorer la ville en vélo. Nous voulions faire une telle randonnée depuis déjà longtemps, et en ce beau samedi après-midi pas-trop-froid-pas-trop-venteux, nous décidons que nous devons en profiter avant que le temps froid ne s'installe pour de bon en ce mois de novembre.
Voilà déjà dix mois que nous avons entrepris notre aventure chinoise, et nous ne connaissons toujours pas la ville de Nányáng. Certes, il s’agit d’une petite ville comparée aux grosses métropoles au nord-est et au sud-est du pays, et les petites villes chinoises sont rarement intéressantes (puisqu'elles sont souvent industrielles et dépourvues de vestiges culturels). Cependant, avec un million et demi d’habitants, il doit bien y avoir des choses qui valent la peine d’être vues ici!
Plutôt que de partir à la conquête de musées et de temples (non existants à Nányáng), nous partons à la recherche de surprises inattendues et uniques, quelque chose de surprenant, de typiquement "Nányáng". Nous ne serons pas déçus... peu impressionnés, mais plutôt médusés.
Nous marchons jusqu’au petit magasin de location de vélos situé sur le campus. En nous voyant arriver, la préposée rit nerveusement. Je doute que nous trouverons des montures adaptées à notre stature, surtout Henning, mais nous nous contenterons de ce qui est disponible.
Une fois les sièges montés, Henning peut à peine pédaler un tour complet sans se cogner les genoux sur le guidon. Je m’en tire un peu mieux, quoi que la selle est étrangement positionnée. Peu importe! Enthousiasmés par cette évasion parmi les voitures, les scooters et les autres vélos, nous franchissons la sortie du campus sous le regard ahuri des gardes. J’ai déjà un fou-rire en regardant Henning se déplacer. On croirait voir un adulte sur une bicyclette pour enfant. Nous rions et pédalons, évitant d’inspirer trop profondément l’air contaminé de notre chère ville.
Nous longeons la rue Changjiang (la rue de l’université), retraçant la route empruntée (dans la direction opposée) lors de notre venue au tout début de ce périple, c'est-à-dire en arrivant de l'aéroport de Zhengzhou après environ vingt heures d'avion. Alors que nous pouvions à peine distinguer les magasins en forme de cubes en raison de la pénombre de fin d’après-midi du mois de janvier, nous voyons maintenant clairement les différents commerces à la lumière du jour.
Les magasins sont tous semblables, la marchandise varie un peu d’un endroit à l’autre, mais le paysage est terne, sale et malodorant. Ici et là, quelques édifices émergent et se distinguent par leur architecture ou sinon leur couleur (orange criard semble être la tendance de la saison).
Les gens nous dévisagent (c’est un coin que nous visitons pour la première fois, quoique on nous dévisage même quand on nous reconnaît). Éventuellement, les magasins-cubes font place à d’énormes immeubles appartements de brique rouge, s’élevant sur plusieurs étages. Soudain, nous apercevons l’entrée de ce nouveau développement résidentiel. Sans même ralentir, Henning traverse la porte et disparaît alors que les gardes se lèvent et se tournent vers moi, regard inquisiteur et apparemment quelque peu froissés par une telle incursion sans permission.
Voilà déjà dix mois que nous avons entrepris notre aventure chinoise, et nous ne connaissons toujours pas la ville de Nányáng. Certes, il s’agit d’une petite ville comparée aux grosses métropoles au nord-est et au sud-est du pays, et les petites villes chinoises sont rarement intéressantes (puisqu'elles sont souvent industrielles et dépourvues de vestiges culturels). Cependant, avec un million et demi d’habitants, il doit bien y avoir des choses qui valent la peine d’être vues ici!
Plutôt que de partir à la conquête de musées et de temples (non existants à Nányáng), nous partons à la recherche de surprises inattendues et uniques, quelque chose de surprenant, de typiquement "Nányáng". Nous ne serons pas déçus... peu impressionnés, mais plutôt médusés.
Nous marchons jusqu’au petit magasin de location de vélos situé sur le campus. En nous voyant arriver, la préposée rit nerveusement. Je doute que nous trouverons des montures adaptées à notre stature, surtout Henning, mais nous nous contenterons de ce qui est disponible.
Une fois les sièges montés, Henning peut à peine pédaler un tour complet sans se cogner les genoux sur le guidon. Je m’en tire un peu mieux, quoi que la selle est étrangement positionnée. Peu importe! Enthousiasmés par cette évasion parmi les voitures, les scooters et les autres vélos, nous franchissons la sortie du campus sous le regard ahuri des gardes. J’ai déjà un fou-rire en regardant Henning se déplacer. On croirait voir un adulte sur une bicyclette pour enfant. Nous rions et pédalons, évitant d’inspirer trop profondément l’air contaminé de notre chère ville.
Nous longeons la rue Changjiang (la rue de l’université), retraçant la route empruntée (dans la direction opposée) lors de notre venue au tout début de ce périple, c'est-à-dire en arrivant de l'aéroport de Zhengzhou après environ vingt heures d'avion. Alors que nous pouvions à peine distinguer les magasins en forme de cubes en raison de la pénombre de fin d’après-midi du mois de janvier, nous voyons maintenant clairement les différents commerces à la lumière du jour.
Les magasins sont tous semblables, la marchandise varie un peu d’un endroit à l’autre, mais le paysage est terne, sale et malodorant. Ici et là, quelques édifices émergent et se distinguent par leur architecture ou sinon leur couleur (orange criard semble être la tendance de la saison).
Les gens nous dévisagent (c’est un coin que nous visitons pour la première fois, quoique on nous dévisage même quand on nous reconnaît). Éventuellement, les magasins-cubes font place à d’énormes immeubles appartements de brique rouge, s’élevant sur plusieurs étages. Soudain, nous apercevons l’entrée de ce nouveau développement résidentiel. Sans même ralentir, Henning traverse la porte et disparaît alors que les gardes se lèvent et se tournent vers moi, regard inquisiteur et apparemment quelque peu froissés par une telle incursion sans permission.
Je n’ai d’autres choix que de m’arrêter. J’affiche un sourire et leur dit que nous voulons simplement jeter un regard de curieux sur ces nouveaux édifices. Je sors ma caméra de son étui, puis je prends des photos du plafond de la porte d’entrée (où est peinte une sorte de fresque peu traditionnelle qui ressemble à une reproduction de style européen). Ils me regardent sans trop savoir si je suis en train de me moquer d’eux ou si je suis honnête. Je n’attends pas de savoir ce qu’ils pensent, et je m’éloigne aussitôt en pédalant un peu plus vite que nécessaire et en m’écriant zaijian!! (aurevoir).
Je retrouve Henning en train de tourner en rond au sein du complexe d’habitation. Il me pointe du doigt les colonnes de style athénien, situées sur une aire circulaire en plein milieu des immeubles. En regardant de plus prêt, j’aperçois la sculpture d’un char tiré par des chevaux, dont le casque des conducteurs ressemble à ceux des soldats romains dans Astérix et Obélix. Il semble y avoir un thème d’inspiration gréco-romaine dans ce nouveau développement. Serait-ce une tentative d’élever l’architecture résidentielle de Nányáng à un différent niveau de sophistication? Peu importe la raison, on peut dire que c’est assez singulier.
Nous décidons de poursuivre notre chemin, sans pour autant avoir un but précis. Voyant que le panorama ne varie guère au fur et à mesure que nous progressons sur la rue Changjiang, nous changeons de cap et partons vers le nord. Nous déambulons dans des petites rues transversales et découvrons des bâtiments à moitié détruits, des appartements en décrépitude, et des potagers aménagés à côté (et nourris par) d'énormes montagnes de déchets. Vive l’hygiène alimentaire.
Nous croisons des drôles de petits véhicules surchargés de marchandise non-identifiable, et alors que nous nous aventurons dans une route de terre, nous aboutissons sur la rive sud de la Bai He. Cependant, nous sommes aux abords d’un énorme dépotoir. Des femmes sans âge errent dans les rangées de pourriture, d’objets en décomposition et de carton moisi. Elles nous regardent, les yeux vident d'expression. On dirait des mirages. Mal à l’aise, nous quittons aussitôt ce cul-de-sac.
Nous décidons de trouver un pont pour traverser de l’autre côté de la rivière. C’est ainsi que nous découvrons que Nányáng a un stade, et que près du stage, il y a une drôle de fontaine… Wooooooow. (voir le diaporama)
Notre promenade finie par aboutir au supermarché du centre-ville, ce après quoi nous rentrons sur le campus et rendons les vélos au magasin. Sur le chemin du retour, nous passons par les petites rues du marché de viande, poisson et fruits et légumes en face du campus, dont j’ai d'ailleurs filmé l’activité du mieux que je pouvais (sans avoir un accident).
Voici une petite entrevue avec Henning à propos de notre randonnée alors que nous revenons de faire notre épicerie.
Je retrouve Henning en train de tourner en rond au sein du complexe d’habitation. Il me pointe du doigt les colonnes de style athénien, situées sur une aire circulaire en plein milieu des immeubles. En regardant de plus prêt, j’aperçois la sculpture d’un char tiré par des chevaux, dont le casque des conducteurs ressemble à ceux des soldats romains dans Astérix et Obélix. Il semble y avoir un thème d’inspiration gréco-romaine dans ce nouveau développement. Serait-ce une tentative d’élever l’architecture résidentielle de Nányáng à un différent niveau de sophistication? Peu importe la raison, on peut dire que c’est assez singulier.
Nous décidons de poursuivre notre chemin, sans pour autant avoir un but précis. Voyant que le panorama ne varie guère au fur et à mesure que nous progressons sur la rue Changjiang, nous changeons de cap et partons vers le nord. Nous déambulons dans des petites rues transversales et découvrons des bâtiments à moitié détruits, des appartements en décrépitude, et des potagers aménagés à côté (et nourris par) d'énormes montagnes de déchets. Vive l’hygiène alimentaire.
Nous croisons des drôles de petits véhicules surchargés de marchandise non-identifiable, et alors que nous nous aventurons dans une route de terre, nous aboutissons sur la rive sud de la Bai He. Cependant, nous sommes aux abords d’un énorme dépotoir. Des femmes sans âge errent dans les rangées de pourriture, d’objets en décomposition et de carton moisi. Elles nous regardent, les yeux vident d'expression. On dirait des mirages. Mal à l’aise, nous quittons aussitôt ce cul-de-sac.
Nous décidons de trouver un pont pour traverser de l’autre côté de la rivière. C’est ainsi que nous découvrons que Nányáng a un stade, et que près du stage, il y a une drôle de fontaine… Wooooooow. (voir le diaporama)
Notre promenade finie par aboutir au supermarché du centre-ville, ce après quoi nous rentrons sur le campus et rendons les vélos au magasin. Sur le chemin du retour, nous passons par les petites rues du marché de viande, poisson et fruits et légumes en face du campus, dont j’ai d'ailleurs filmé l’activité du mieux que je pouvais (sans avoir un accident).
Voici une petite entrevue avec Henning à propos de notre randonnée alors que nous revenons de faire notre épicerie.
Un bref aperçu du pont que j'avais l'habitude de traverser deux fois par jour le semestre dernier, et qui a été rénové (ce qui n'empêche les gens de mal conduire...)
Le marché de viande, poisson, et fruits et légumes en face du campus. "Everything fresh from the street" comme dit Henning.
Ainsi, pour l’équivalent de trente sous, nous aurons pu faire une randonnée de trois heures, au cours de laquelle nous aurons mis nos poumons à l’épreuve, et nous aurons eu la chance de découvrir quelques nouveaux coins de la ville. Aaaaaaah, Nányáng! YARK!
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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