jeudi 10 mai 2007

CHAPITRE 13 - Après le choc culturel, le choc électrique

Ce matin, 8 février 2007, je me suis électrocutée. Un beau gros choc de 220 volts.

Ceux qui me connaisse bien savent combien je suis maladroite et peu délicate dans mes mouvements. Je renverse souvent des verres pleins, je casse de la vaisselle (ici dans notre appartement chinois, je suis rendue à ma quatrième tasse, mon troisième bol, ma deuxième assiette, et notre pot de lait), je fonce dans les murs et dans les cadres de porte (???), je trébuche sur les lignes du trottoir, je tombe dans les escaliers du métro en montant la dernière marche, je me cogne la tête sur des étagères régulièrement, etc. Bref, j’ai le don de me faire mal ou de faire mal aux gens autour de moi à cause des mes maladresses.

Aujourd’hui, c’était donc mon baptême d’électrocution. Espérons qu’il n’y aura pas d’autres épisodes semblables!

J’ai apporté un kit de conversion de courant avec moi en Chine pour mes trucs tel mon séchoir et mon fer à défriser. Ce kit venait avec toute une série d’adaptateurs universels. Mon séchoir peut être réglé à 110 ou à 250 volts, ce qui fait que je n’ai pas besoin du convertisseur de courant pour m'en servir, juste de l’adaptateur.

Je n’ai pas l’habitude de me servir d’un adaptateur quand j’utilise mon séchoir ou n’importe quel autre appareil électrique. En finissant de me sécher les cheveux ce matin, en voulant retirer la fiche de la prise de courant, l’adaptateur est resté coincé dans la prise et mes doigts sont entrés en contact avec une partie de la broche du séchoir alors qu’elle était encore à moitié insérée dans l’adaptateur (qui lui était dans la prise). Bla-bla-bla. Conclusion? Je me suis électrocutée. J’ai sentie la décharge dans tout mon corps et c’était comme si mon cœur défaillait. Je regardais mes doigts collés contre la broche, et pourtant je n’arrivais pas à la lâcher. Je voyais la scène se produire, et même si je réalisais ce qui se passait, mes réflexes ne réagissaient pas.

J’ai poussé un de ces cris! Quand j’ai fini par lâcher la fiche, ma main était complètement engourdie, surtout mon pouce et mon index, les deux doigts étant marqués par une petite ligne rouge témoignant du contact avec la broche. Mon cœur battait la chamade, et je n’arrivais pas à savoir si c’était parce que j’avais eu peur, si c’était à cause du choc en tant que tel, ou que c’était un peu des deux. Même sur le coup, j’étais surprise de voir à quel point j’étais bouleversée.

Les jambes chambranlantes, je suis allée rejoindre Henning dans la chambre à couchée. Les larmes aux yeux, je lui ai dit que je venais de m’électrocuter. Comment a-t-il réagi? Il a éclaté de rire. Oui-oui. Vraiment. Il riait aux ÉCLATS! Il a dit : « What happened to your hair?! ».

Quand je me suis mise à pleurer en lui disant que j’étais sous le choc, il m’a assise sur ses genoux, il m’a serré contre lui, puis il a continué à rire, à rire et à rire encore. Ouais. En tout cas. Finalement, je me suis remise de mes émotions, et là ça va. J’ai encore la main engourdie (elle le sera pendant près de trois jours), mais mon cœur a fini par se calmer et Henning a fini par arrêter de rire... Et, je n'ai jamais eu autant de volume dans mes cheveux!

En passant, voici l'image que Henning a affiché sur son propre blog pour illustré l'épisode de mon électrocution et ce qu'il en pense... Il est tellement empathique.

Ce montage a été réalisé à partir d'une image de "Struwwelpeter", le personnage central d'un conte classique allemand. C'est l'histoire d'un jeune garçon qui décide de ne plus obéir aux ordres de ses parents. Il refuse de manger, de se couper les cheveux, de se laver, et de se couper les ongles. À la fin de l'histoire, il meurt. La morale du conte: toujours écouter ses parents et faire ce qu'ils nous disent de faire... (hummmm....)

Vous avez sans aucun doute entendu parlé de Jacob and Wilhelm Grimm, les frères qui ont recueilli de nombreuses histoires au début des années 1800 dans le but, en tant que fervents patriotes, de préserver les contes folkloriques germaniques. Au départ, ces histoires reflétaient la vie telle qu'elle était en Europe centrale à l'époque, c'est-à-dire capricieuse et cruelle. J'ai découvert sur le site web de National Geographic que c'est seulement une fois que les frères ont découvert à quel point leurs contes subjugaient la jeunesse qu'ils ont commencé à remodeler leurs histoires de façon à les rendre plus "gentilles" et morales... Il n'en demeure pas moins que, selon Henning, nombreux sont les contes allemands qui finissent par la mort cruelle du protagoniste (qui sont souvent eux-mêmes des enfants).

Cette parenthèse culturelle sur les contes germaniques pourrait-elle expliquer en partie "l'hypo-sensibilité" de mon copain? Euh... non. J'ai bien peur que ce ne soit que la nature de son sens de l'humour! ;-)

© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.

Aucun commentaire:

© Madeleine Beaudet, 2007-2009. Tous droits réservés.