Je vous avais déjà mentionné les problèmes que nous avions eu par rapport à la paie avant même d’arriver en Chine, et qu’une fois sur place nous n’étions toujours pas certains de recevoir un salaire pour le mois de février (un peu angoissant sachant que notre survie en dépendait grandement pour nos premières semaines en Chine...).
Depuis notre arrivée à Nányáng, nous avons eu le temps de nous rendre compte que lorsque confronté à un problème auquel on ne peut faire face en tenant le gros bout du bâton, à part faire preuve de beaucoup de patience, il faut faire preuve de créativité, d'ingéniosité et de spontanéité pour trouver une solution gagnante. C’est pourquoi lorsque Fumiko-san (la professeure de japonais) nous a téléphoné pour nous dire qu’elle et Yonemochi-san (l’autre professeur de japonais) allaient au bureau d’Ellen chercher leur salaire du mois de février et que nous devrions nous joindre à eux, nous n'avons pas hésité un instant avant de saisir cette opportunité de nous faire payer nous aussi.
Depuis notre arrivée à Nányáng, nous avons eu le temps de nous rendre compte que lorsque confronté à un problème auquel on ne peut faire face en tenant le gros bout du bâton, à part faire preuve de beaucoup de patience, il faut faire preuve de créativité, d'ingéniosité et de spontanéité pour trouver une solution gagnante. C’est pourquoi lorsque Fumiko-san (la professeure de japonais) nous a téléphoné pour nous dire qu’elle et Yonemochi-san (l’autre professeur de japonais) allaient au bureau d’Ellen chercher leur salaire du mois de février et que nous devrions nous joindre à eux, nous n'avons pas hésité un instant avant de saisir cette opportunité de nous faire payer nous aussi.
Sachant que tous les autres profs avaient déjà reçu leurs sous, en matinée, nous avons donc décidé d'accompagner nos collègues japonais au bureau d’Ellen, qui, en nous apercevant, nous a accueilli d’un « mais qu’est-ce que vous faites ici, vous? » surpris, suivi d’un petit rire nerveux.
- Mais quoi, tu nous avais dit que nous serions bientôt payés, et bien, nous voilà! lui ai-je dis d'un gros sourire.
- Et bien, je n’ai retiré des sous que pour Fumiko-san et Yonemochi-san, pas pour vous. m'a-t-elle répondu d’un air résigné mais résolu à la fois.
- Ah bon. Je lui ai alors fait un gros air triste… Plutôt ridicule comme tactique, et réaction tout-à-fait incongrue dans une situation semblable auprès d'un employeur canadien. Mais avec Ellen, notre « mère » chinoise, battre des cils en souriant ou en faisant un air piteux est tout aussi efficace que de lui mettre le couteau à la gorge.
- Mais donnez-moi un instant, je vais voir ce que je peux faire pour vous. nous a-t-elle dit en défronçant les sourcils après avoir fixé le plafond pendant quelques secondes.
Ellen s'est alors chargée de payer Fumiko et Yonemochi, puis elle est disparue seulement pour réapparaître vingt minutes plus tard, avec une enveloppe étoffée dans chaque main. Quelle étrange sensation de tenir en main une liasse de billets de 100 renminbi (yuan/元) de plus d'un centimètre d'épais. D'une part, de la pure satisfaction, et d'autre part, de la répulsion face à l'odeur pestilentielle émanant de l'enveloppe, témoignant des centaines de milliers de doigts ayant manipulés les billets avant qu'ils ne se retrouvent en notre possession. Soudain, il m'a semblé totalement étrange de croire que de tels bouts de papiers crottés et puants pouvaient valoir autant aux yeux de la race humaine!
En nous remettant nos salaires respectifs, Ellen nous a dit avec un sourire en coin que nous étions chanceux d'avoir été payés « car la caisse de l'université était encore ouverte à cette heure-ci », ce qui voulait vraiment dire « espèce de coquins, vous m’avez bien eu, mais vous aviez raison de vous essayer! ».
Wow, parfois, c’est bien compliqué (et surtout très long) de régler des anicroches en Chine, mais des fois, c’est tellement, mais tellement simple!
© Madeleine Beaudet, 2007. Tous droits réservés.
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